Lycanthropes et Loups-garous au cinéma

Auteur/autrice : Lycan Page 2 of 7

Je vous propose mes articles afin de traverser la forêt en toute sécurité sans s'éloigner du chemin...

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Loups-Garous de Josh Ruben – sans Thiercelieux

Loups-Garous de Josh Ruben est l’adaptation d’un jeu vidéo en réalité virtuelle du même nom, lui-même inspiré du célèbre jeu de société Les Loups-garous de Thiercelieux.

Le nouveau shérif débarque dans le petit village isolé de Gallowston au milieu de l’hiver et découvre des villageois méfiants, voire paranoïaques, s’accusant mutuellement d’être des meurtriers, voire des loups-garous. Quelle once de vérité se cache derrière cette hystérie collective ?

Loups-Garous de Josh Ruben - sans Thiercelieux

À l’origine était un jeu de société

Peut-être connaissez ce divertissement créé en 2001 à mi-chemin entre jeu de société et jeu de cartes ? L’action se déroule dans le village de Thiercelieux où, chaque nuit des villageois se transforment en loups-garous pour dévorer d’autres villageois. Les villageois incarnés par les joueurs découvrent chaque matin la personne qui manque à l’appel. Dès lors, des débats s’ensuivent afin de démasquer les loups-garous se cachant parmi eux. Ce qui fait le sel de ce passe-temps, c’est que les joueurs incarnent différents types de villageois : la petite fille capable de regarder ce qui se passe la nuit quand les autres joueurs sont assoupis, la voyante peut connaître le véritable visage de chacun, la sorcière dispose du don de ramener un mort à la vie ou d’empoisonner un être nuisible. Et, bien sûr, il y a les loups-garous…

Ce principe de base a connu une sacrée évolution entre sa forme originelle et le film. Au point où les amoureux du jeu risque de ne pas retrouver leur loisir favori dans cette transposition cinématographique.

D’une part, le film perd le charme du cadre moyenâgeux puisque l’action s’avère transportée au présent. D’autre part, de nouveaux personnages, absents du matériau d’origine, font leur apparition…

Loups-Garous de Josh Ruben - sans Thiercelieux

Trahison en bonne et due forme

Ces protagonistes se montrent tous outrageusement stéréotypés, unidimensionnels mais surtout totalement superficiels… Du black sympa qu’on a envie d’aimer parce qu’on n’est pas raciste, à la fille juste mignonne ce qu’il faut pour être accessible au premier venu, en passant par le capitaliste cupide comme s’il pouvait en être autrement, jusqu’au couple de gais caricaturant masculinité et féminité grotesquement… aucun personnage n’inspire l’intérêt et encore moins la sympathie.

Or, l’originalité du jeu était justement l’art de la nuance… Mentir, manipuler, jouer un imposteur… Ces innovations trahissent tout simplement l’œuvre originale.

En outre, on peut légitimement s’interroger sur ce choix méprisant de faire incarner à l’écran les joueurs par des personnages non seulement ultra-stéréotypés, mais aussi singulièrement crétins.

En effet, tous sont plus ou moins stupides, pathétiques ou ridicules, habités de sentiments petits de surcroît. Le film met en avant ces caractéristiques comme s’il s’agissait de simples traits de caractères définissant personnages et individus.

Loups-Garous de Josh Ruben - sans Thiercelieux

Consommable et jetable

Ceci étant dit, Loups-Garous fait assurément le travail en termes de divertissement pur… À condition que l’on ne soit pas gêné à l’idée de s’identifier à des personnages inconsistants, bien sûr.

D’ailleurs, si, pour vous, Les Loups-garous de Thiercelieux appartient à la catégorie des jeux bavards et ennuyeux, vous serez assurément conquis par le film de Josh Ruben bien plus facilement assimilable et consommable… Jetable aussi c’est vrai.

Il est vrai que le charme du village médiéval est passé à la trappe. Mais Loups-Garous compense en situant son action en plein milieu de l’hiver. La neige ne cesse de tomber dans ce petit coin perdu de l’Amérique profonde, isolant le village du reste de la civilisation ; le huis-clos est crédible et le charme opère.

Comme le métrage s’inspire d’un jeu de société, l’ambiance est résolument festive. L’humour est omniprésent et Loups-Garous parvient à divertir agréablement son public.

Distraire est le point fort de Loups-Garous qui applique à la lettre un condensé de recettes qui ont fait leur preuve. Mais on peut aussi divertir avec une comédie un peu plus profonde comme l’a démontré Jim Cummings avec The Wolf of Snow Hollow.

Werewolves – USA – 2021 ; réalisation : Josh Ruben ; interprètes : Sam Richardson, Milana Vayntrub, George Basil, Sarah Burns, Michael Chernus, Catherine Curtin, Wayne Duvall, Harvey Guillén…

Bande annonce :

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Nuit de noces chez les fantômes

Nuit de noces chez les fantômes est un joli hommage aux films d’épouvante de la Universal des années 30.

Larry Abbot (Gene Wilder) et Vickie Pearle (Gilda Radner) sont des vedettes radiophoniques qui animent sur les ondes des pièces horrifiques gothiques. Alors qu’ils s’apprêtent à célébrer leurs noces, Larry est de plus en plus souvent sujet à des troubles de la parole. Vickie pense qu’il n’y a pas à s’en inquiéter et qu’il s’agit de symptômes dus au stress prénuptial ! Mais l’oncle de Larry, le Dr. Paul Abbot, demeure persuadé que ces troubles proviennent d’un traumatisme profond. En guise de remède, le médecin propose une thérapie de choc. Celle-ci doit se dérouler dans le château où Larry a passé son enfance. La sinistre demeure, poussiéreuse et remplie de toiles d’araignées, est en outre habitée par d’excentriques membres de la famille. Arriveront-ils à lui donner la peur de sa vie ?

Nuit de noces chez les fantômes

Old dark house comedy

Parmi toutes les références citées par Nuit de noces chez les fantômes, celle qui nous intéresse le plus s’avère le nom assigné au personnage principal interprété par Gene Wilder. Larry Abbot est un clin d’œil au patronyme attribué au protagoniste incarné par Lon Chaney Jr. dans Le loup-garou signé George Waggner en 1941 : Lawrence Talbot.

Contrairement au héros du film de George Waggner, son succédané n’est pas réellement maudit, lui. La grande tante de Larry a beau informer la famille attablée qu’un loup-garou rôde dans le parc autour du château, le film n’essaye pas longtemps de nous faire croire que le fantastique est la source des étranges événements qui rythment le séjour de Larry Abbot.

Nuit de noces chez les fantômes

Très vite, l’intrigue dévoile le pot aux roses. On apprend alors que l’un des héritiers cherche tout simplement à faire passer son parent pour fou. Il souhaite tout simplement s’emparer de l’héritage.

Afin de parvenir à ses sombres desseins, le sinistre personnage n’hésite pas à user de différents stratagèmes. Par exemple, il utilise des bras articulés sortant de la terre pour faire croire à la présence d’un zombie dans le potager. Plus tard, il suspend sa fiancée à des fils devant la fenêtre pour la transformer en fantôme flottant… C’est d’ailleurs lui qui donnera de sa personne en se déguisant en loup-garou afin d’affoler la galerie. Le maquillage rappelle évidemment celui appliqué sur le visage de Lon Chaney dans le film de la Universal.

Succès d’estime

Nuit de noces chez les fantômes est le cinquième et dernier film réalisé par Gene Wilder. L’acteur passé maître dans la comédie bénéficie à l’époque d’un visage connu de tous. On se rappelle sa prestation dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… Sans jamais oser le demander.

Au milieu des années 70, on trouve Gene Wilder en tête d’affiche d’un autre film au sujet assez proche… Frankenstein Junior. Malheureusement, Gene Wilder ne rencontrera pas le même succès que Mel Brooks. Fort heureusement, le film rattrapera sa désastreuse carrière en salle grâce au marché de la VHS. Il en profitera alors pour s’octroyer, au bout du compte, un joli petit succès d’estime.

Nuit de noces chez les fantômes

L’humoriste nous offre ici un film agréable et sympathique. L’œuvre mésestimée est en outre dotée d’une ambiance résolument fidèle à celle de l’âge d’Or du cinéma d’épouvante.

L’humour, bon enfant, est assuré par des acteurs investis. Aux côtés de Gene Wilder, on trouve Gilda Radner, membre du Saturday Night Live, émission humoristique culte aux USA qui a débuté en 1975. Décédée d’un cancer quelques années plus tard, elle brille aux côtés d’autres comédiens habitués à la comédie comme Jonathan Pryce (Jumpin’ Jack Flash) ou Dom DeLouise (La Folle Histoire du monde).

La durée trop courte du film et le scénario expéditif laissent cependant supposer que tout ne s’est pas déroulé comme prévu lors de la production.

Haunted Honeymoon – USA 1986 ; réalisation : Gene Wilder ; interprètes : Gene Wilder, Gilda Radner, Dom DeLuise, Jonathan Pryce, Bryan Pringle…

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Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Ginger snaps – Aux origines du mal a été tourné dans la foulée du second opus. Heureusement, car si sa mise en production avait été assujettie aux résultats de Ginger Snaps – Résurrection, jamais le film de Grant Harvey n’aurait vu le jour. Les recettes décevantes du second opus de la saga condamnèrent même son successeur à une simple sortie en vidéo.

Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Après l’entrée et le plat principal, vous prendrez bien un dessert…

L’action se déroule cette fois-ci à la fin du 19e siècle. Ginger et Brigitte errent sur leur cheval dans une campagne enneigée à la suite de la mort de leurs parents. Elles sont recueillies dans un fort dont les soldats attendent un ravitaillement qui tarde à venir. Les hommes se montrent singulièrement suspicieux, en particulier à cause de la blessure de Ginger. La malheureuse a posé le pied dans un piège à loup. Or, les soldats peinent à croire cette histoire et soupçonnent l’inconnue de faire partie des loups qui prennent d’assaut le fort les nuits de pleine lune. Depuis trop longtemps, ils comptent leurs morts et le moral est au plus bas. Les deux sœurs Fitzgerald doivent se soutenir mutuellement face à ces hommes méfiants, d’autant plus qu’une nouvelle menace émerge lorsque Ginger est cette fois-ci réellement mordue par un loup-garou…

Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Le changement d’époque n’est pas le seul changement de taille à sauter aux yeux. Le remplacement du réalisateur se voit dans le style même du film qui bénéficie d’une image léchée, aux couleurs chaudes. Les costumes d’époque et les décors réalistes permettent une expérience certes cohérente et crédible, mais également totalement dépaysante. Cette évolution peut déplaire aux personnes qui ont apprécié les deux premiers opus pour la rudesse de la photographie et qui s’exposeront à une expérience bien différente dans ce troisième opus.

Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Sans ingrédients de qualité, le savoir-faire peut-il suffire pour sublimer une bonne recette ?

Cependant, une fois la surprise digérée, force est de constater que Ginger Snaps – Aux origines du mal est très beau. Les paysages enneigés et brumeux de la forêt canadienne la nuit sont envoûtants, les intérieurs sombres et peu accueillants. Au final une ambiance oppressante et peu rassurante parcourt le film, ne laissant place à aucun trait humoristique, s’inscrivant en conséquence et d’une certaine manière dans l’héritage des précédents films.

L’évolution du personnage de Brigitte est agréable. Rivalisant de féminité, la jeune femme ne fait plus office de vilain petit canard, jouant même à égal niveau avec Ginger. Une démarche intéressante, en particulier dans ce contexte isolé du fort occupé par des hommes privés de femmes depuis trop longtemps.

Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Néanmoins, eu égard aux deux premiers épisodes, on était en droit d’attendre plus de cette préquelle envisageant de dévoiler la raison pour laquelle les sœurs Fitzgerald subissent la loi de la lycanthropie depuis 1815.

Alors que les deux précédents épisodes sont parfaitement rythmés et bénéficient d’un intérêt constamment relancé grâce à un savoureux cocktail de film d’horreur sur fond de crise d’adolescence, l’histoire de Ginger snaps – Aux origines du mal se traîne en longueur, cadencée par des jump scare peu innovants et les attaques orchestrées par quelques lycanthropes trop peu nombreux. Poilus, imposants, courant à quatre pattes, les créatures conçues par le studio KNB sont toutefois superbes et représentent ce qui se fait de mieux dans le genre.

Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Dans les bons restaurants, le dessert est décidément toujours décevant

Il n’en reste pas moins que Ginger Snaps – Aux origines du mal ne bénéficie plus de cet élément moteur des deux premiers opus. Dans le film de Grant Harvey, les relations entre les deux sœurs font place à des dialogues ennuyeux ne permettant pas une analyse riche sur plusieurs niveaux. Les stéréotypes fatiguent comme, par exemple, les légendes indiennes qui ont tout compris bien avant que l’Homme Blanc n’intervienne sur le continent nord-américain. Ainsi, le wendigo n’est en fin de compte qu’une maladie parmi tant d’autres importées du vieux continent par les Européens et deux sœurs, l’une rousse, l’autre brune, sauveront l’univers…

Pour le reste, le film relate la solidarité des deux sœurs face aux hommes qui vivent dans le fort, des hommes antipathiques au possible. Au final, on se soucie fort peu du sort que réserve le scénario à ces insupportables machos, tandis que les relations entre Ginger et Brigitte sont bien moins riches et élaborées.

Ginger snaps – Aux origines du mal – cerise sur le gâteau ?

Le film de Grant Harvey est une désillusion et ce, malgré un casting intéressant, ne serait-ce que par la présence de Brendan Fletcher, un acteur que vous connaissez forcément puisqu’il est capable de jouer la même année dans un film de Uwe Boll (Rampage: President Down) et dans un autre de Alejandro G. Iñárritu (The Revenant). À la suite de cette déception, Grant Harvey se recyclera dans les séries pour la télévision.

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Bande annonce :

Ginger Snaps III: The Beginning – Canada – 2004 – réalisation : Grant Harvey – interprètes : Katharine Isabelle, Emily Perkins, Nathaniel Arcand, JR Bourne, Hugh Dillon, Adrien Dorval, Brendan Fletcher, David La Haye…

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Ginger Snaps : Résurrection – sans compromis

Le second volet de la trilogie Ginger Snaps pourrait presque se laisser voir sans prendre connaissance du premier tome. À nouveau, la saga se démarque radicalement du tout-venant en matière de film d’horreur en évitant soigneusement d’aligner les morts sanglantes les unes après les autres. Signé Brett Sullivan, monteur sur le premier opus, Ginger Snaps : Résurrection est d’abord un drame, plus qu’un film de loup-garou.

Brigitte, désormais seule depuis le décès de Ginger, a hérité de la maladie de sa sœur. Des comprimés lui permettent de ralentir la propagation de son mal-être et de retarder sa transformation en loup-garou, mais les crises sont brutales. À la suite de l’une de ces attaques, Bridget se réveille au sein d’une institution spécialisée dans le traitement des toxicomanies. Enfermée et coupée du reste du monde contre son gré, elle sympathise avec une jeune fille au point d’envisager de s’évader ensemble. En parallèle, depuis peu, une série de crimes monstrueux sont commis dans les environs de l’hôpital. Ginger s’interroge : est-elle elle responsable de ce nouveau massacre ?

Ginger Snaps : Résurrection - sans compromis

Emily Perkins n’est pas seule

Dans le film de John Fawcett, Emily Perkins personnifiait une adolescente qui rejetait violemment les mensonges et la médiocrité. Désormais, c’est une adulte. Avec ses grands yeux sombres et sa mine sinistre, elle s’efforce tout de même de lutter contre sa féminité. Elle s’est endurcie, mais elle est également plus vulnérable, puisqu’elle ne bénéficie plus du support que lui procurait Ginger, décédée. Celle-ci n’est plus qu’une voix qui lui susurre des remarques aigries à l’oreille. Une compagnie néanmoins rassurante pour notre héroïne, mais également plaisante pour le spectateur qui se réjouit de la présence de la belle Katharine Isabelle.

Ginger Snaps : Résurrection - sans compromis

Dans Ginger Snaps : Résurrection, le personnage qui donne la réplique à Brigitte est, cette fois-ci, une gamine passionnée de bandes dessinées. Encore une fois, la seule amie de Brigitte est une enfant et l’on peut aisément interpréter cette incongruité comme un nouveau refus de grandir et de quitter le monde rassurant de l’enfance. Ce personnage ambigu, interprété par Tatiana Maslany, future héroïne de la série Orphan Black, va cependant s’avérer aussi intéressant que l’était Ginger dans le film précédent tant ses motivations semblent insaisissables. Elle porte en tout cas légitimement son surnom de Ghost (fantôme)…

Ginger Snaps : Résurrection - sans compromis

Une histoire riche en idées mais sombre

La thématique de l’éveil à l’adolescence est cependant soigneusement mise de côté dans cette suite et fait place à une multitude de sujets tels la solitude lors de l’adolescence, les faveurs sexuelles exigées contre services, l’hypocrisie et les arrières-pensées… Autant de travers qui définissent l’âge adulte et qui peuvent motiver, chez toute personne saine d’esprit, le refus de grandir. Mais cette évolution est inévitable et vouloir s’en affranchir est aussi vain qu’essayer de s’opposer à une transformation en loup-garou.

Ginger Snaps : Résurrection - sans compromis

Si les effets spéciaux, excellents, sont peu nombreux et la présence du loup-garou presque anecdotique, Ginger Snaps : Résurrection demeure, quoi qu’il en soit, à la hauteur du premier opus. Cohérent, le film tourné dans un véritable hôpital psychiatrique à l’abandon illustre des motifs graves et sérieux en employant une image avare en couleurs. La description d’un monde stérile en proie à la dépression est franchement saisissante. Sans surprise, la bande son se met au diapason avec une musique électronique déprimante. Effrayant et sombre, Ginger Snaps : Résurrection n’accepte aucun compromis, jusqu’au final sordide d’une grande noirceur. Un bijou.

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Ginger Snaps – contre nature

La fin du précédent millénaire était une période bénie. La guerre froide appartenait à l’histoire. Le 11 septembre était inimaginable. Culturellement, internet se démocratisait et promettait liberté et connaissance. Pour être rebelle dans ces années-là, il ne reste que la fascination pour la mort. C’est le terrain que décident d’explorer les adolescentes Ginger (Katharine Isabelle) et Brigitte (Emily Perkins) dans Ginger Snaps. Fascinées pas le morbide, les deux sœurs passent leur temps à mettre en scène leur propre mort, si possible de la manière la plus terrifiante possible.

Ginger Snaps – contre nature

Angoisses adolescentes

Cette fascination pour le morbide fait écho aux événements du 20 avril 1999 lorsque deux adolescents ouvrent le feu dans leur lycée en banlieue de Denver, à Columbine. Ils exécutent treize personnes avant de se donner la mort. Plus rien ne sera comme avant après cette tuerie de masse. La première à être autant médiatisée aux États-Unis. À partir de ce moment-là, les sociétés occidentales sont envahies par la peur et la sécurité devient une obsession. On installe des caméras dans les écoles et dans les rues. On laisse entrer les policiers dans les lycées. Des exercices de prévention contre les fusillades sont organisés, donnant lieu à une sensation de peur généralisée pour des situations restant pourtant relativement rares.

Ginger et Brigitte, pourraient parfaitement être les alter ego des deux garçons auteurs du massacre de Columbine, l’un était psychopathe atteint d’un complexe de supériorité, l’autre dépressif et paranoïaque.

Les sœurs Fitzgerald sont, quant à elles, deux adolescentes marginales qui refusent de grandir, de se confronter à l’ennui que génèrent en elles leurs camarades de classe ou leurs parents. En réaction, elles s’adonnent à la marginalité et en particulier au subversif. Elles se soustraient aux flirts avec les garçons, s’habillent pour ne pas se faire remarquer, refusent la puberté, etc. C’est naturellement sur le ton de l’humour noir que leur caractère singulier est présenté, générant un élan de sympathie probablement unanime chez les spectateurs.

La situation devient cependant plus sérieuse lorsque Ginger est mordue par un loup-garou. Le résultat ne se fait pas attendre et Ginger ne reste pas asexuée bien longtemps. Ses centres d’intérêt sont également altérés… Dès lors, la jeune fille est plus intéressée par les garçons que par sa sœur. Elle fait attention à son apparence et perd peu à peu le désir de choquer son entourage. Si son corps et son attitude changent, c’est tout à la fois en raison de sa malédiction et de sa puberté. Lentement, les relations entre les deux sœurs se désagrègent…

Ginger Snaps – contre nature

Les règles, c’est pour les autres

La plupart des films à traiter les problèmes adolescents évoquent la peur d’entrer dans le monde adulte, d’embrasser une vie bourgeoise et monotone. Ginger Snaps parle aussi de ce problème mais d’une manière beaucoup plus viscérale.

Certes, la vie de classe moyenne que mènent les parents Fitzgerald dans la modeste banlieue de Bailey Downs, aux maisons ternes et identiques, est suffisamment calme et ennuyeuse pour susciter le rejet de leurs rejetons.

Mais le film propose aussi une profonde réflexion sur les carcans imposés par la société. En particulier lorsque Ginger se révolte brutalement en découvrant son futur rôle d’adulte. C’est sa mère qui lui enseigne alors sa fonction, assurant la pérénité d’une vision conservatrice des relations hommes-femmes. Il n’est alors pas étonnant de voir Ginger s’opposer à son passage à l’âge adulte, au point de refuser les changements naturels de son corps.

La mutation de Ginger en loup-garou est calquée sur les transformations liées à la puberté. C’est le sang, l’apparition des poils. Mais aussi le rayonnement : ce corps qui prend des formes pour séduire. Enfin, c’est aussi cette attirance que Ginger commence à ressentir pour les garçons. Dès lors, la puberté est logiquement vécue telle la malédiction de la lycanthropie. La mère, conservatrice, devient alors l’alter ego contemporain de la gitane du Loup-Garou de George Waggner. Elle avertit sa fille des dangers liés à sa transformation en adulte, tout comme le faisait la bohémienne pour Lawrence Talbot qui devenait, lui, un lycanthrope.

Ginger Snaps – contre nature

L’habit fait le moine

Rares sont les films de loup-garou à avoir su exploiter de manière aussi intelligente la thématique de la transformation pour retranscrire les sensations de son époque. La modernité de Ginger Snaps caractérise un film de grande valeur.

Ginger Snaps brille aussi techniquement. La photographie est particulièrement jolie avec ses tons automnaux. La partition musicale, entre modernité et classicisme, est mélancolique à souhait. Elle s’avère à la hauteur de la tragédie qui se déroule à l’écran. Emily Perkins et Katharine Isabelle sont tellement charismatiques que l’on peut à jamais les associer à leur personnage.

Katharine Isabelle connaîtra cependant d’autres succès. Elle excelle dans la seconde et troisième saison de Hannibal. Elle y dégage un érotisme morbide, faisant d’ailleurs écho à son personnage dans la saga Ginger Snaps. Emily Perkins, de son côté était la petite Beverly dans le téléfilm Ça de 1990. Ici, elle est excellente en adolescente introvertie s’affublant de vêtements sombres et amples. Mimi Rogers qui joue leur maman est investie, et incarne une mère sincère, plus émouvante que détestable.

Enfin, Ginger Snaps est un film habilement construit. Après une partie mêlant analyse sociologique et humour pour ne pas barder son audience, le film intensifie son suspens pour finir de manière sombre, laissant derrière lui la légèreté des premières minutes. De fil en aiguille, l’oeuvre laisse de plus en plus la place à l’horreur, jouant ainsi sur tous les tableaux. Les effets spéciaux sont excellents et occupent généreusement une large partie du final, dévoilant un loup-garou imberbe mais superbe, sous tous les angles.

Canada – 2000 ; réalisation : John Fawcett ; interprètes : Emily Perkins, Katharine Isabelle, Kris Lemche, Mimi Rogers, Jesse Moss, Danielle Hampton, John Bourgeois…

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L’ordre du loup célèbre le gore nichon

L’Ordre du loup prend un malin plaisir à détourner tous les clichés du slasher et ce, dès les premières minutes, juste après la scène d’ouverture.

Six adolescents décident de passer un week-end en forêt dans une cabane appartenant au beau-père de l’un d’eux. On s’attend donc à un jeu de massacre en bonne et due forme . Eh bien pas du tout… Au bout de dix minutes de métrage, alors que quatre adolescents sont déjà supprimés, Derek et Sam, seuls survivants, retournent sans tarder à la maison.

L’ordre du loup célèbre le gore nichon

Commence alors l’enquête censée leur permettre de découvrir l’identité de l’agresseur qui n’a rien d’un tueur en série comme les autres…

En effet, haut de deux mètres, recouvert de poils, le grand méchant de L’Ordre du loup n’a rien d’humain.

Il est en outre doté d’un humour pour le moins surprenant, puisque très… vulgaire, largement porté sous la ceinture.

D’ailleurs, si la proie est jolie, il ne se contente pas de la dévorer à pleines dents….

L’ordre du loup célèbre le gore nichon

En fin de compte, L’Ordre du loup s’avère une comédie horrifique dans laquelle l’humour joue sur le sexe et le détournement de clichés. L’une des scènes les plus représentatives est celle où la jolie Sam part en quête d’un cheveu dans la chambre de son beau-père. Elle espère pouvoir analyser l’échantillon d’ADN et ainsi démontrer qu’il est bien le loup-garou. Comme l’adulte débarque à l’improviste, Sam n’a pas d’autre solution, pour sauver sa peau, que de jouer la carte de la séduction… et offre une petite gâterie à son beau-père… En faisant attention à ne pas avaler, elle a désormais tout ce qu’il faut pour sa fameuse analyse ADN.

L’ordre du loup célèbre le gore nichon

Il fallait oser !

Drôle, jamais sérieux L’Ordre du loup dispose, en outre, d’un rythme soutenu. Il se passe toujours quelque chose à l’écran et l’on n’a jamais l’impression de tourner en rond. Le film, d’ailleurs très généreux en matière d’érotisme et de gore, peut être considéré comme un digne représentant du genre “Gore-nichon”. Vous voilà prévenu(e)s.

En parallèle, le réalisateur apporte un soin très particulier aux personnages. L’univers des deux héros adolescents n’a rien de folichon, tous les deux étant clairement des marginaux. On voit bien que Sam fait la forte tête mais qu’elle est mal dans sa peau. Quant à Derek, il vit avec sa mère chez un homme qui profite de sa position pour les maltraiter. Tout cela offre finalement au métrage une ambiance proche de celle que l’on rencontrait dans les films des années 80.

L’ordre du loup célèbre le gore nichon

Seule l’horrible transformation en images de synthèse demeurera le point faible d’un film qui s’inscrit pourtant dans un certain respect des traditions. En effet, David Naughton, héros du Le Loup-garou de Londres, fait une apparition. Par ailleurs, l’un des protagonistes porte le nom de Chaney tandis que le beau-père de Derek s’appelle Toblat, anagramme de Talbot, nom du personnage incarné par Lon Chaney Jr. dans Le Loup-Garou en 1941…

Des détails, certes, mais qui témoignent de l’amour que le réalisateur porte pour le genre et qui permettront d’alimenter la sympathie que l’on voudra bien témoigner pour le film.

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Big Bad Wolf – USA – 2006 – Réalisation : Lance W. Dreesen ; interprètes : Trevor Duke-Moretz, Kimberly J. Brown, Richard Tyson, Sarah Aldrich, Christopher Shyer…

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Orgie Macabre et ribambelle de jolies demoiselles

À partir de quel moment un vidéogramme peut-il être qualifié d’oeuvre cinématographique ? Réponse avec Orgie Macabre, en partie signée par l’homme d’affaires Ed Wood…

Si la présence d’un scénario est indispensable pour faire partie du Septième Art, alors Orgie Macabre relève effectivement le défi, même si c’est tout juste… Un couple roule de nuit dans le désert. Un accident plus tard, les voilà aux portes de l’Enfer où ils doivent subir, jusqu’au petit matin, les danses de jeunes dames à moitié nues.

Orgie Macabre et ribambelle de jolies demoiselles

Pourquoi diable se prendre la tête avec une histoire ?

Après avoir avalé deux ou trois chorégraphies, le cinéphile réalise, avec effroi, qu’Orgie Macabre n’a pas d’autre ambition que de remplir de la pellicule avec des danses plus ou moins lascives. La prise de conscience peut angoisser car le métrage dure tout de même 90 minutes. Mais, et c’est surprenant, l’inquiétude disparaît et l’on se fait finalement assez bien à l’idée étrange de devoir tuer les 90 prochaines minutes à mater des filles au look suranné se dandiner sans pudeur.

Quoi qu’il en soit, s’il s’agit là de l’idée de l’Enfer que se fait le scénariste, avouons qu’on a connu pire comme supplice. Il est fort à parier que de nombreux libidineux n’hésiteraient pas à signer dans l’instant le laissez-passer si les limbes devaient s’avérer un tel délice…

D’autant plus que les demoiselles sont toutes exquises et belles à croquer… Tout droit sorties des années 60, elles arborent des coiffures permanentées et se déhanchent canaillement sur des musiques démodées au gré de mises en scène fantaisistes…

Orgie Macabre et ribambelle de jolies demoiselles

Danser jusqu’à en mourir

Une fois c’est une squaw qui se tortille autour d’un feu de camp, une autre fois c’est une esclave qui dévoile ses courbes en se dandinant au rythme d’une flagellation endiablée… C’est vrai, il n’y a qu’un seul décor. Et le budget effets spéciaux n’a pas permis d’élaborer autre chose qu’une brume évoluant régulièrement devant l’écran. Mais, le cadre est plutôt joli avec des lumières rouges, bleues et vertes attrayantes.

Bien sûr, de nos jours, les danses de nos dévergondées d’un autre temps sont passées de mode. Les mauvais coucheurs diront même ringardes. Les mêmes se pâment devant les danses filmées par George Méliès en saluant le génie du grand-père de la SF… Mais bon, passons…

D’autres concéderont que le ballet proposé est agréablement kitsch, évoquant les films de nudisme des années 50 et 60. En tout cas, c’est un érotisme qui peut faire son effet, si l’on est bon public.

Orgie Macabre et ribambelle de jolies demoiselles

Plastique d’un autre temps

Notre couple de héros n’est pas seul à assister au spectacle gracieux de ces jeunes femmes peu avares de leur nudité… Quatre autres personnages suivent ce french cancan des limbes… Criswell, grand medium devant l’Éternel, s’impose comme maître de cérémonie. Dans la vraie vie, il avait prédit que le président Kennedy ne se représenterait pas aux élections de 1964 (mais aussi que la fin du monde se produirait aux alentours d’août 1999). Le médium est ici tout à faire risible, en particulier lorsqu’il lit ses lignes de dialogue à l’aide d’un prompteur comme l’atteste le va-et-vient de ses yeux.

À ses côtés, la brune Fawn Silver, alias Ghoulita, est une créature renversante. Elle ne se dénude pas d’un poil, faisant ainsi ressentir aux érotomanes, au plus profond de leur chair, la signification véritable du mot “frustration”. Quelle tristesse. Néanmoins, le sex-symbol a bon goût puisqu’elle en pince sérieusement pour la rouquine Pat Barrington. Pourtant, Patou est franchement effroyable lorsqu’elle tente de concurrencer Fay Wray sur le terrain des scream queens… Sa tentative lamentable de hurlement apeuré vaut cependant son pesant de cacahuètes quand on a de l’humour.

Orgie Macabre et ribambelle de jolies demoiselles

“Quand j’étais en vie, c’était un cauchemar”

L’humour n’est d’ailleurs pas en reste grâce à la présence de deux véritables bout-en-train : La momie et le loup-garou. Tous les deux contemplent les demoiselles et se hasardent à faire des commentaires qui se veulent drôles… La plupart du temps, la chute s’avère plus obscure que renversante.

En fin de compte, les moments prêtant à rire sont tout sauf rares dans Orgie Macabre. Ces dérapages, en revanche, ne sont pas voulus.

L’aventure n’est pas désagréable pour autant. Le film est même attachant. Mais Orgie Macabre est bien, malgré tout, une entreprise affligeante. Nul autre que le fameux Ed Wood est responsable de cette œuvre consternante. C’est difficile à concevoir, mais il en a écrit le scénario… d’après son roman. Tâche pour laquelle il a touché la rondelette somme de 600 $… Ça laisse songeur… Quoi qu’il en soit, un sacré margoulin. Réputé pour avoir réalisé le plus mauvais de film de l’Histoire du Septième Art : Plan 9 from Outer Space… Mais ceux qui l’affirment n’ont peut-être pas vu Orgie Macabre.

Orgy of the Dead – USA – 1965 ; réalisation : Stephen C. Apostolof, interprères : Criswell, Fawn Silver, Pat Barrington, William Bates, Mickey Jines, Barbara Nordin…

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Santo en el museo de cera 00

Santo en el museo de cera

Réalisé en 1963, Santo en el museo de cera est le huitième film du fameux catcheur masqué…

La légende commence dans les années 30 lorsque Rodolfo Guzmán commence sa carrière de catcheur. Mais c’est en 1942 qu’il revêt pour la première fois le masque d’argent d’El Santo.

Santo en el museo de cera

Grâce à son agilité et sa polyvalence, il rencontre très vite une grande popularité auprès du public. Au point qu’au milieu des années 50, il devient le héros d’une série de bandes dessinées. Plus tard, et grâce au succès du comic cette fois, les producteurs décident d’offrir une carrière cinématographique au héros masqué.

C’est ainsi que naissent en 1958 deux films signés Joselito Rodríguez : Santo contra el cerebro del mal et Santo contra los hombres infernales. C’est le début d’une carrière cinématographique féconde… Pendant une trentaine d’années, Rodolfo Guzmán va s’attacher à combattre les vilains sur le ring.

Santo en el museo de cera

En ce qui concerne Santo en el museo de cera, l’ennemi du catcheur s’avère le Dr. Karol. Le médecin a connu les camps de concentration nazis. À la fin de la guerre, il s’est expatrié au Mexique où il a monté une attraction originale. Il est en effet le fondateur d’un musée de cire dans lequel il expose différents personnages historiques, mais surtout des créatures monstrueuses.

Parmi elles, on trouve par exemple la reproduction en cire d’un véritable lycanthrope. Le pauvre bougre aurait été la victime d’une malédiction pesant sur sa famille depuis que son père a été mordu au Tibet par le yéti. Selon la légende, chaque septième enfant de la famille se transforme en monstre assoiffé de chair fraîche les soirs de pleine lune…

Santo en el museo de cera

Santo en el museo de cera vaut surtout pour ce fameux Dr. Karol qui pense avoir vu le véritable visage de l’âme humaine dans les camps. Dorénavant, il tente de retranscrire sa révélation sur les visages de ses statues de cire. C’est pourquoi ses œuvres reproduisent majoritairement des monstres.

Le Dr. Karol est un vrai fanatique et l’entendre déclamer ses convictions à la face de ses ennemis est confondant. Ennemis qu’il n’hésite pas à transformer en statue de cire pour effacer les traces de ses crimes.

Santo en el museo de cera

Comme notre héros est un sportif, les films de la série des Santo ne manquent pas d’action bondissante… Santo en el museo de cera ne déroge pas à la règle. Concrètement, cela se traduit par une intrigue fréquemment entrecoupée de combats de catch. Santo ravit alors son public dans la plus pure tradition de ce sport spectacle.

Ainsi, le lutteur masqué affronte trois affreux, dont un Français. Ce passage est particulièrement drôle. En effet, à travers ce personnage ultra stéréotypé, il est possible de voir comment nous perçoivent les Mexicains… À savoir comme des individus prétentieux, méprisants, et imbus de notre personne. Voilà qui démontre une bonne fois pour toutes que les clichés sont bel et bien sans fondement…

Santo en el museo de cera

Dynamiques, les joutes endiablées sont tout à fait réjouissantes. Elles apportent un peu d’exotisme et nous changent des sempiternelles ambiances gothiques généralement mises à profit pour ce genre de films… Si tant est que l’on puisse se lasser de ces atmosphères surannées…

Quoi qu’il en soit, avouons que Santo en el museo n’est pas vraiment un loup-garou… En effet, la créature qu’affronte le catcheur à la fin du métrage n’est ni la vedette du film ni même un véritable loup-garou… Tant pis, trop tard…

Santo in the Wax Museum – Mexique – 1963 ; réalisation : Alfonso Corona Blake, Manuel San Fernando ; interprètes : Santo (Rodolfo Guzmán), Claudio Brook, Norma Mora, Rubén Rojo, Roxana Bellini…

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Extrait

hurlements 5 00

Hurlements V : la re-naissance – déceptions en rafale

Hurlements V : la re-naissance représente une déception d’autant plus frustrante que le film promettait monts et merveilles avec son histoire censée se dérouler dans un somptueux château roumain au moment où sévit une effroyable tempête de neige….

Une douzaine d’hommes et de femmes, qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam, gagnent un week-end dans un château des Carpates.

Tout ce beau monde est plutôt sympathique, même si les personnages se montrent vraiment stéréotypés. On trouve, dans l’ordre, le petit rigolo, l’historien qui croit dur comme fer que le château a été occupé par des lycanthropes, le couple d’amoureux qui ne s’aime plus tant que ça, etc.

Au château, les invités ne sont pas complètement abandonnés. D’une part parce que deux serviteurs sont là pour s’occuper d’eux. D’autre part, un guide est à leur disposition pour attirer leur attention sur les sites de la région dignes d’intérêt. Ces derniers vont néanmoins s’avérer vite inutiles…

En effet, alors que la tempête de neige fait rage au-dehors, les touristes disparaissent les uns après les autres. Au fur et à mesure que le temps passe, on se met à penser que la fameuse famille de loups-garous, malfaisants qui ont sévi dans la région il y a cinq cents ans, n’a peut-être pas été complètement éradiquée…

Hurlements V : la re-naissance - déceptions en rafale

Le spectateur, pour sa part, est parfaitement informé de la situation dès la première scène du film. L’introduction a en effet vendu la mèche, le petit dernier de la famille, un bébé, était parvenu à rester en vie après l’effroyable massacre…

Or, c’est justement du descendant du nourrisson dont il est question ici. Dès lors, les révélations s’enchaînent… Non seulement le voyage s’avère complètement truqué mais, en plus, le guide a réuni tous ces protagonistes dans un seul et unique but : démasquer le descendant du loupiot…

Car, en réalité, tous les convives portent une tache sur le bras indiquant leurs funestes origines. Mais tous ne sont pas des lycanthropes…

Hurlements V : la re-naissance - déceptions en rafale

Dix petits loups-garous

Revisiter le thème des dix petits nègres si cher à Agatha Christie avec des loups-garous est une bonne idée. En particulier lorsque l’histoire se déroule dans un château reculé de Roumanie, en pleine tempête de neige de surcroît.

Malheureusement, en fin de compte, l’action se contente d’une ou deux pièces dépourvues de toute noblesse. On finit même par se demander si le film n’a pas finalement été tourné exclusivement en plateau…

Pourtant, parfois, les protagonistes se déplacent entre les deux pièces, révélant alors des couloirs fastueux. Sans artifice, les murs froids témoignent d’un château médiéval impressionnant. Malheureusement, au final, nous avons droit à de longues discussions peu enthousiasmantes devant un feu de cheminée.

Hurlements V : la re-naissance - déceptions en rafale

Une autre partie du film se déroule dans les sous-sols du château : une suite de simples couloirs sans saveur. On pourrait presque croire que Hurlements V : la re-naissance avait pour ambition d’inventer le film de couloirs avant même que ce dernier ne commence à apparaître une dizaine d’années plus tard…

Quant à la tempête de neige qui bat son plein dehors, elle se montre finalement bien peu convaincante sur la durée… Après la mort de la première victime, attaquée par le loup-garou sortant brusquement de la neige, les flocons de neige dégénèrent en lointain souvenir. Autant dire que l’effet huis clos ne fonctionne pas du tout.

En ce qui concerne les effets spéciaux, nous n’aurons même pas droit au minimum syndical. En effet, les transformations sont aux abonnés absents durant toute la durée du film.

Hurlements V : la re-naissance - déceptions en rafale

Quant au loup-garou, le costume semble recyclé d’un précédent épisode de la série. Le quatrième peut-être, puisqu’il ressemble à ceux utilisés lors de la séquence de l’église en feu…

Enfin, les protagonistes ne vous diront rien du tout. Parmi eux, on retiendra cependant la présence de Clive Turner… Quelques années plus tard, il commettra l’irréparable en produisant et en réalisant le septième opus de la saga.

Howling V: The Rebirth – Grande-Bretagne – 1989 ; Réalisation : Neal Sundstrom, interprètes : Philip Davis, Victoria Catlin, Elizabeth Shé, Ben Cole, William Shockley, Clive Turner…

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The Wolf of Snow Hollow : La rencontre de Hurlements et de Fargo

The Wolf of Snow Hollow est nanti d’un capital de sympathie considérablement élevé. Une petite ville isolée dans une vallée enneigée. Des habitants agréables qui se connaissent tous. Un loup-garou battant joyeusement la Calabre et surtout… La présence de Jim Cummings. Révélé en 2016, l’acteur est surprenant dans un rôle au carrefour de Christian Bale pour American Psycho et de Jim carey.

<strong>The Wolf of Snow Hollow : La rencontre de Hurlements et de Fargo</strong>

Juchée au creux d’une vallée enneigée, Snow Hollow est une petite ville paisible où il ne se passe jamais rien. Par conséquent, on peut aisément comprendre la stupeur des autochtones après la découverte d’une jeune touriste salement amochée. Parmi les restes, une empreinte informe les autorités qu’ils ont affaire à un animal sauvage. John Marshall (Jim Cummings) fait partie de la police locale et sait qu’il doit rapidement mettre la main sur le coupable. Trouver d’autres victimes desservirait les profits de la station d’hiver… Malheureusement, voilà déjà qu’un deuxième cadavre est découvert… Comme les crimes se produisent les nuits de pleine lune, un bruit court désormais suggérant que le coupable pourrait être un loup-garou…

<strong>The Wolf of Snow Hollow : La rencontre de Hurlements et de Fargo</strong>

Jim Cummings s’est fait remarquer avec un court métrage, Thunder Road, dans lequel il joue un policier faisant l’éloge funèbre de sa mère. Deux ans plus tard, il décide de transformer son court en long métrage et reçoit de nombreux prix dans divers festivals, dont le grand prix du jury au festival du cinéma américain de Deauville.

Pour The Wolf of Snow Hollow, Jim Cummings reprend son personnage de flic désabusé, dont le caractère acariâtre n’égale que la mauvaise foi. Il n’est pas aidé par ses problèmes personnels… Ainsi, son père qui travaille avec lui vient de subir une crise cardiaque et les relations qu’il entretient avec sa fille Jenna sont désastreuses. Quant à son agressivité et ses problèmes d’alcool, ils n’œuvrent aucunement à redorer sa popularité auprès de ses collègues… Jim aimerait être un super flic. Mais rien n’y fait, il n’écoute pas les avis de ses proches et prend constamment les mauvaises décisions.

<strong>The Wolf of Snow Hollow : La rencontre de Hurlements et de Fargo</strong>

Pour autant, ce n’est pas un mauvais bougre. Même si l’on peut ressentir une vive irritation le concernant au départ, on arrive finalement à l’apprécier malgré son caractère atypique. Et l’on finit même par ressentir de la sympathie pour ce flic raté. Au point que l’on se surprend à espérer qu’il parvienne à mettre la main sur l’assassin qui rôde les nuits de pleine lune.

De manière surprenante, The Wolf of Snow Hollow est passé inaperçu lors de sa sortie en 2020 alors que le film dispose de tout ce qu’il faut pour agréablement divertir. L’atmosphère d’une petite ville isolée dans la neige charme. Les acteurs s’amusent et communiquent leur bonne humeur. Le film s’est donné pour objectif de surprendre, ce qu’il parvient souvent. Par exemple, de nouveaux personnages font régulièrement leur apparition. Ils sont systématiquement présentés à l’aide à une scène touchante, pour mieux passer l’arme à gauche peu de temps après.

<strong>The Wolf of Snow Hollow : La rencontre de Hurlements et de Fargo</strong>

Cette singularité démontre la volonté de soigner les personnages secondaires, de sorte qu’ils existent à côté de l’envahissant Jim Cummings. À ce titre, ces protagonistes surprennent souvent grâce à des personnalités plus riches qu’il n’y paraît de prime abord. Moins superficiels que de coutume. En outre une interaction bienvenue existe entre les seconds rôles et le héros. Le résultat permet des séquences étranges, surprenantes et parfois très drôles (à ce jeu, le médecin légiste décroche le pompon).

The Wolf of Snow Hollow mélange également avec subtilité les genres horreur et comédie. Mais on s’amuse aussi à y trouver une once de polar avec l’enquête des flics de province. Un brin de satire sociale figure aussi au programme par le biais du drame personnel que vit le protagoniste principal…

<strong>The Wolf of Snow Hollow : La rencontre de Hurlements et de Fargo</strong>

Euphorique au début de l’aventure, une suite de mauvais choix finit par le mettre en difficulté. Son mauvais caractère perce alors et se fait de plus en plus évident. Petit à petit la violence verbale fait place à la brutalité physique. Tel un effet papillon, son incompétence s’impose et les autres se détournent de lui. Son alcoolisme prend alors le dessus et l’on en vient même à le soupçonner d’être le loup-garou…

Simultanément, cette traversée du désert le rend plus humain et à la fin du métrage, on vibre pour cet énergumène qui agaçait pourtant auparavant.

The Wolf of snow Hollow invite à ne pas s’arrêter aux premières impressions, à découvrir ce qui se cache derrière la façade que l’on réserve pour les autres. En fin de compte, une thématique pas si bête pour un film de loup-garou…

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