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Flic ivre le jour, loup-garou la nuit… Telle est l’idée farfelue que les auteurs de Wolfcop soumettent aux jurés canadiens du concours Cine-Coup. Contre toute attente, ceux-ci répondent : « chiche ! » et confient un million de dollars canadiens à Lowell Dean afin qu’il puisse accoucher d’une série B trash de 80 minutes, dotée de scènes et de personnages grotesques.

Lou Garou, policier, se réveille comme tous les matins avec la gueule de bois. Comme d’habitude, impossible de se souvenir de ce qui s’est passé la veille, et en particulier comment la jeune femme nue comme un ver qui dort à ses côtés a pu atterrir dans son lit. Mais il n’a pas le temps de se poser de questions, une nouvelle journée à protéger la veuve et l’orphelin commence… Après une intervention qui l’emmène dans la forêt, Lou se réveille de nouveau le lendemain sans savoir ce qui s’est passé la veille mais cette fois-ci, son trou de mémoire n’est pas dû à sa consommation excessive d’alcool… Sur son torse il trouve un pentagramme, et le voilà maintenant assailli de souvenirs incompréhensibles. Très vite, il subit sa première transformation. Avec l’aide de Willie, un excentrique mais son seul ami, Lou se met en quête du responsable de sa nouvelle condition.

Le premier film de Lowell Dean, 13 Eerie qui réunit Brendan Fletcher (Rampage – Sniper en liberté) et Katharine Isabelle (Ginger Snaps) est un film d’horreur nettement plus sérieux et bénéficiant d’une certain notoriété auprès de nombreux fans du genre.

Difficile de ne pas penser aux personnages improbables des films trash de la société Troma (The Toxic Avenger, Atomic College…) lorsque Lou Garou vomi le contenu de son estomac devant sa voiture de patrouille avant de se rendre tel un somnambule à son travail, sans jamais s’arrêter en route malgré les innombrables actes répréhensibles dont il est témoin. Le personnage est interprété par Leo Fafard et on comprend pourquoi le réalisateur Lowell Dean a écrit le rôle pour lui. En effet, ce brun ténébreux, poilu et cynique, incarne à merveille ce policier immoral.

L’humour ras-des-pâquerette ne contredit pas la première impression. Parmi les scènes les plus emblématiques, citons celle permettant au spectateur d’assister aux exploits sexuels de « Dirty Hairy » avec une conquête déguisée en petit chaperon rouge. Quant à la transformation de Lou en loup garou, elle est unique en son genre ; la métamorphose intervient alors que le wolfcop est en train de soulager sa vessie. Son corps se transforme alors en une créature immense ; même la taille de son pénis s’adapte à sa nouvelle carrure.

Les effets spéciaux sont bricolés à la main comme il se doit dans un film de la trempe de Wolfcop. Ceux-ci ne sont pas toujours parfaits, mais ne diminue en rien le plaisir que procure le film. Gore, Wolfcop n’est pas non plus avare en démembrements et autres visages déchirés.

Peut-être que le film ne se vautre pas suffisamment dans la bouffonnerie. Ainsi, Wolfcop pourrait laisser le spectateur sur sa faim s’il s’attend à un délire total. La thématique même du film du flic loup-garou n’est, par exemple, pas tant exploitée que cela et les passages durant lesquelles Lou corrige les malfrats une fois transformé en créature invincible sont assez rares. Quoi qu’il en soit, Wolfcop s’avère un produit divertissant, cohérent et honnête, trouvant une balance juste entre action, drame, humour et horreur, tout en mettant cependant l’accent sur ces deux derniers points.

Canada – 2014 – Réalisation : Lowell Dean – Distribution : Leo Fafard, Amy Matysio, Jonathan Cherry…

Bande-annonce VF :