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The Undying Monster

USA – 1942 – Réalisation : John Brahm  – Distribution : James Ellison, Heather Angel, John Howard, Bramwell Fletcher…

La 20th Century Fox rêve de profiter du succès que rencontrent les films d’épouvante de la Universal dans les années 30. C’est avec du retard qu’elle s’y met et produit trois films du réalisateur John Brahm : the Undying Monster (1942), the Lodger (1944) et Hangover Square (1945).

John Brahm est un réalisateur qui vient d’Allemagne. La Fox l’a engagé car elle l’estimait capable de communiquer un souffle expressionniste à ses films. Il s’agissait là d’une supposition pertinente car les œuvres les plus marquantes de l’expressionnisme allemand appartiennent en effet au genre horrifique.

Dans the Undying Monster, la famille Hammond vit sous le poids d’une sombre malédiction. Ses membres doivent effectivement se méfier lors de leurs promenades nocturnes, en particulier quand le givre recouvre les pavés qui longent les falaises… En effet, une force obscure les pousserait au suicide. D’ailleurs, cette force vient tout juste de faire à nouveau parler d’elle. Si Sir Oliver Hammond en a réchappé indemne, ce n’est pas le cas de la pauvre paysanne qui passait par là au même moment. Il semblerait qu’elle ait été attaquée par un monstre, comme peuvent le laisser croire les cris de loup entendus depuis le château. Quoi qu’il en soit, l’affaire est suffisamment importante pour que Scotland Yard dépêche deux détectives scientifiques. Ces derniers mènent l’enquête et leur but final est de démontrer qu’il n’y a pas de monstre.

The Undying Monster de John Brahm

L’enquête est menée tambour battant et s’inspire largement de celles conduites de main de maître par Sherlock Holmes. Une femme excentrique, qui accompagne le détective chargé de l’enquête, fait même office de « Watson »… Ses interventions apportent une bonne dose d’humour à l’histoire et à travers elles the Undying Monster s’oriente vers un film de divertissement plutôt que vers une œuvre rivalisant avec l’épouvante que suggéraient Dracula ou Frankenstein. Ceci dit, rappelons cependant que le film date de 1942 et qu’à cette époque, en s’engouffrant dans les salles obscures, les spectateurs désiraient d’abord s’évader et échapper le temps d’un film à la triste réalité de l’époque…

La lande, les hurlements d’un loup, l’enquête menée à la Sherlock Holmes et les nombreux personnages qui jouent un double jeu et forment ainsi autant de suspects possibles… Tous ces éléments rappellent bien évidemment Le Chien des Baskerville. Et tout comme dans le roman de Sir Arthur Conan Doyle, le fantastique est présent dans the Undying Monster mais sans jamais s’imposer vraiment.

L’enquête d’investigation n’est pas menée de manière très sérieuse, la coéquipière du détective de Scotland Yard a en effet toujours le mot pour rire. Le héros est en outre tellement convaincu qu’il n’y a pas trace de fantastique dans cette histoire qu’on finit par y croire nous-mêmes. Ce qui est au final surprenant car l’affiche du film est plus qu’équivoque sur la présence d’un lycanthrope. Et puis à la fin du film, le loup-garou apparaît finalement. Tué, il perd sa pilosité et redevient humain. Et pourtant, les enquêteurs et le scénariste s’obstinent étrangement à réfuter les faits, en prétextant une maladie psychologique courante…

On peut en conclure que le fantastique n’intéressait pas fondamentalement John Brahm. D’ailleurs, ses deux films suivants pour la Universal, the Lodger et Hangover Square mettent en scène des psychopathes. Le premier s’inspire des méfaits du sinistre Jack l’Éventreur, les tueurs restent ainsi tristement humains.

Dans the Undying Monster, la menace est une créature fantastique. Mais il n’y a pas qu’elle qui plonge le spectateur dans le fantastique. L’atmosphère nous réserve des passages largement imprégnés d’épouvante. Le début du film qui se déroule sur la lande, les scènes dans la crypte et même l’atmosphère générale font malgré tout de the Undying Monster, tant bien que mal, un film fantastique.

L’ambiance est d’ailleurs sans aucun doute le point fort du film. Les décors sont superbes. Que ce soient le château et sa chambre secrète qui borde la crypte, la lande brumeuse où ont lieu les crimes ou encore les rochers sur lesquels se brisent les vagues de l’océan, tous ces décors sont superbement mis en valeur. Loin de faire carton-pâte, ils sont impressionnants car immenses et splendides. En complément des décors composant un fond visuel travaillé, la réalisation de John Brahm se révèle surprenante, également. L’étonnante première scène du film nous fait pénétrer dans le château à l’aide de singuliers mouvements continus de la caméra qui décrivent le salon. Plus loin, John Brahm utilise la vue suggestive pour nous mettre dans la peau du monstre. Puis, la caméra à l’épaule, nous entrons de plain-pied dans l’horreur qui se déroule autour du château. La lande, ce paysage si caractéristique et fascinant, est magnifiquement mise en valeur grâce à une photographie superbe finissant d’offrir au film une atmosphère tout à fait particulière.

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