Lycanthropes et Loups-garous au cinéma

Catégorie : Jeux vidéo

Transformez-vous en loup-garou avec Altered Beast

Altered Beast est un jeu sorti en salle d’arcade en août 1988. Malgré quelques éléments de jeu de plateformes, Altered Beast est avant tout un beat’em up où l’on se contente de taper sur les ennemis qui se présentent à vous. Son intérêt, aujourd’hui encore, est son atmosphère franchement fantastique et ses monstres étranges, grotesques. Accessoirement, le jeu offre aussi la possibilité de se transformer en loup-garou…

Athéna, la fille de Zeus, a été kidnappée par le seigneur Neff. Pour venir à son aide, Zeus ressuscite un centurion tombé au champ d’honneur et lui ordonne de voyager dans le monde souterrain où règne justement le démon Neff. Dès lors, pour sauver Athena, il faudra se frayer un chemin à travers des hordes de démons.

Le déroulement du jeu est identique tout au long des cinq niveaux qui le composent… Sous une forme humaine, il convient de survivre à l’assaut frénétique de hordes de démons, loups et autres monstres abominables. Pour sortir de ce dédale, il est impératif de recueillir trois orbes d’esprit lâchés par des loups blancs qui surgissent régulièrement. Chacun permet à votre personnage de devenir plus fort. Les deux premiers orbes décuplent la musculature du héros, le dernier, quant à lui est essentiel, puisqu’il déclenche une transformation radicale dans une créature fantastique.

Le jeu d’arcade a connu de nombreuses conversions sur console. La plus connue est la version Mega Drive. En effet, Sega a vendu des milliers de cartouche car il s’agissait de l’un des seuls jeux disponibles à la sortie de la console.

Chaque métamorphose, spectaculairement mise en image, permet au héros de se transformer dans une créature différente selon les niveaux, créature disposant alors de ses propres compétences (attaques spéciales, champs électriques, possibilité de lancer des boules de feu…). Neff qui, jusqu’alors refusait le combat si vous n’avez pas complété votre transformation, change également de forme, adoptant celle d’une créature atroce, également différente selon les étapes du jeu. Une fois, c’est un immense démon qui s’arrache la tête et déverse ses visages hurlants sur le joueur, une autre fois c’est une plante qui attaque avec ses innombrables yeux.

Durant le jeu, il est possible de revêtir la forme d’un dragon, d’un ours et d’un tigre. Mais c’est durant le premier et le dernier niveau que le personnage que l’on guide peut se métamorphoser en loup-garou. Dressé sur ses deux pattes, recouvert d’un pelage et d’un museau typique rappelant les films des années 80, il est capable de se déplacer beaucoup plus vite et de lancer des boules de feu. Ainsi, le folklore qui entoure la lycanthropie n’est pas du tout respecté. De même, nul besoin de pleine lune pour faire naître la bête puisque ce sont des orbes qui permettent d’atteindre la forme nécessaire permettant d’affronter le boss du jeu.

Graphiquement, Altered Beast est superbe. Les personnages sont très grands et parfaitement détaillées. Par ailleurs, les ennemis se dégradent sous les coups et offrent ainsi des visions cauchemardesques de créatures se décomposant dramatiquement. Ainsi, tuez une gargouille, et son corps tombe au sol tandis que ses ailes s’envolent vers le ciel, abattez un cyclope et sa chair tombe littéralement en paquets. Les décors sont également magnifiques. Détaillés, ils font voyager le joueur dans des mondes étranges et fantastiques, inspirés des légendes grecques.

Sur le plan sonore, de nombreuses voix digitalisées mettent dans l’ambiance. Par exemple, les haut-parleurs crachent un éloquent « Rise from your grave » (Lève-toi de ta tombe) au début du jeu et un angoissant « Welcome to your doom » (bienvenue à ta perte) avant chaque apparition de Neff.

En revanche, l’une des tristes particularités du jeu est sa difficulté, considérable. Les ennemis s’approchent inlassablement, croissent rapidement en nombre et encerclent impitoyablement le héros. Par ailleurs, la grande taille du personnage contrôlé par le joueur hypothèque drastiquement sa survie lorsqu’il s’agit d’éviter les attaques des monstres de fin de niveau.

Longtemps décrié en raison d’une certaine linéarité, Altered Beast, bénéfice cependant d’un charme certain. D’abord, parce qu’il est le digne représentant d’une période révolue des jeux vidéo, ensuite en raison de son ambiance fantastique. Monstres en tout genre évoluent dans des décors fantasmagoriques du plus bel effet, assurant un dépaysement total pour le fan de fantastique.

Le générique de fin montre le héros du jeu se débarrassant d’un costume de loup-garou, sous-entendant dès lors que le jeu n’est en réalité qu’un film.

Le jeu, dans son intégralité :

Wolfchild : mettez un loup dans votre ordinateur

Wolfchild est une production videoludique datant de 1992 signée Core Design, célèbre pour avoir conçu Tomb Raider. Eh oui, les lycanthropes ne se contentent pas de hanter films et livres fantastiques. Parfois, on les trouve également au détour d’un jeu vidéo.

Saul, fils du célèbre docteur Kal Morrow qui fait autorité dans la biogénétique, découvre le laboratoire dévasté de son père. Celui-ci vient d’être kidnappé par le groupe terroriste Chimera dont le leader est un sociopathe répondant au nom de Karl Draxx. Cet énergumène s’est mis en tête de conquérir le monde à l’aide de machines de guerre mutantes construites grâce au génie de son prisonnier. Saul décide donc de libérer son père. Cependant, conscient de ne pas être de taille, le courageux fiston n’a pas d’autres choix que de s’injecter une drogue inventée par son géniteur. Désormais contaminé par le sérum Wolfchild, Saul est une créature guerrière mi-homme mi-loup garou, dotée d’une force colossale et de pouvoirs psychiques non moins phénoménaux, insensible de surcroit à la douleur.

L’histoire est racontée à l’aide d’un dessin animé qui fait honneur à son support de l’époque : l’Amiga 500, ordinateur ancêtre du PC.

Le jeu se déroule sur cinq niveaux de plus en plus vastes. Dans le premier, le joueur peut s’habituer à la manipulation de son personnage. Celui-ci débute la partie sous forme humaine. Au fur et à mesure de sa progression le joueur récolte des items qui augmentent l’énergie vitale de son personnage. Lorsque la jauge atteint un certain niveau, Saul pousse un hurlement et se transforme alors en loup-garou. Dès lors, l’effet destructeur de ses armes psychiques est démultiplié. Mais attention, lorsque Saul est blessé, il perd de l’énergie et peut reprendre sa forme humaine chétive.

Ainsi, le loup-garou de Wolfchild est bien différent de celui que l’on trouve habituellement au cinéma. Certes, on peut considérer que Saul subit une malédiction indirecte : c’est contraint, afin de sauver son père, qu’il s’inocule un sérum modifiant sa constitution physique. Cependant, il ne subit plus son état puisqu’il peut contrôler sa transformation. Ce choix se comprend pour un jeu qui privilégie l’action : Saul se contente en effet de sauter de plates-formes en plates formes en détruisant les ennemis qui se présentent à lui. D’ailleurs, l’intelligence artificielle peu élevée de ses adversaires, contribue également à faire de Wolfchild un jeu privilégiant l’adrénaline sur l’ambiance.

Cela n’empêche pas cependant Wolfchild de disposer d’une atmosphère fantastique transposant la science-fiction dans des architectures antédiluviennes comme en témoignent les décors. En effet, après un passage sur le pont d’un vaisseau de guerre spatial, l’action prend ensuite place dans la jungle et un temple ancien. Ceux-ci sont peuplés de dangereuses créatures mécaniques aux formes insectoïdes, reptiliennes ou d’inspiration aquatique. Ces monstres issus du cerveau malade de Karl Draxx, leader des terroristes, ajoutent à l’atmosphère étrange qui accompagne le joueur lors des parties. L’ambiance imprègne d’autant le jeu que le joueur est encouragé à explorer les environs pour récolter des lettres formant les mots EXTRA et BONUS.

Wolfchild n’est pas un classique de la ludothèque de l’Amiga 500. Cependant, ses qualités esthétiques, graphiques et techniques (tant au niveau de la maniabilité du personnage qu’à celui de l’animation) ainsi que l’originalité dont il fait preuve en mettant en scène un loup-garou, lui valurent d’être adapté sur d’autres consoles et ordinateurs (Atari ST, Mega Drive, Super Nintendo…).

Wolfchild
Auteur : Core Design – 1992

Vidéo: vidéo du jeu dans son intégralité

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