Waxwork (1988) – Doublement nostalgique
En œuvrant au bénéfice de films comme Lifeforce – L’Étoile du mal (1985), Hellraiser (1987) et Cabal (1990), Bob Keen s’est imposé comme l’un des plus grands spécialistes des effets spéciaux. Une réussite d’autant plus estimable que la concurrence est rude au coeur d’une décennie résolument tournée vers le spectacle. Avec Waxwork, le réalisateur Anthony Hickox offre lui aussi l’occasion à Bob Keen de faire des étincelles. Près de vingt statues de cire doivent être conçues en s’inspirant de personnages issus du bestiaire fantastique : momie, mort-vivant, créature de Frankenstein, bébé monstrueux, alien…


Durant huit semaines, Bob Keen trime dix-huit heures par jour. Un dévouement qu’il consacre, en plus, à élaborer de très nombreux effets spéciaux gore. Même la partie du film consacrée aux vampires, créatures habituellement plutôt chastes en matière d’effusion sanglante, se voit truffée de trucages. Ainsi, les créatures de la nuit ne se contentent pas de boire du sang. Elles cuisinent également la chair humaine en prélevant sur le bétail de quoi confectionner un bon rôti. En bonus, quand on leur applique un crucifix sur le front, les vampires explosent dans de belles giclées rouge vif.
Les réjouissances se poursuivent dans l’épisode dédié au loup-garou. Cette fois-ci, un malheureux se voit littéralement déchiré en deux. Mais le clou du spectacle reste la créature, grande, élancée, superbe, directement inspirée par celles de Hurlements (1981), comme exigé par Anthony Hickox.
Référencé, Waxwork l’est assurément, revisitant même bon nombre de classiques du genre à la faveur d’un scénario malin permettant au film d’Anthony Hickox de ressembler à une sorte d’anthologie qui ne dit pas son nom. Il suffira que le mystérieux M. Lincoln ouvre les portes de son musée de statues de cire inspirées de sinistres personnages, pour que les adolescents se retrouvent aspirés dans des histoires effrayantes.


Grâce à sa construction en saynètes, ainsi qu’aux différentes époques représentées, Waxwork bénéficie d’une grande variété visuelle. Cabane au fond des bois, nuits bleutées à la campagne, château abritant les perversions du marquis de Sade… Ces joyeusetés diverses et variées évitent à la monotonie de s’installer.
Waxwork peut même s’appuyer sur un casting solide. La charmante Deborah Foreman venait de participer à Week-end de terreur (1986) et à Class 89 (1986). L’année suivante, on la retrouve dans Sundown (1989), également signé Anthony Hickox. Au moment de tourner Waxwork, le visage de Dana Ashbrook ne dit rien à personne. Pour autant, quatre années plus tard, il sera l’un des principaux prétendants de Laura Palmer dans la série Twin Peaks (1990). Il incarne ici un personnage à tout point identique à celui qu’il composera pour David Lynch, sûr de lui et agaçant. La présence de quelques adolescents résolument insupportables est peut-être, effectivement, l’une des rares critiques que l’on pourra formuler à l’encontre de Waxwork. Heureusement, ce bon vieux Anthony Hickox veille à ce qu’ils ne restent pas trop longtemps à l’écran.


Sauf Zach Galligan, bien sûr. Le sympathique héros de Gremlins (1984) apporte sa bonne humeur à l’aventure et honore de sa présence cette série B au modeste budget. La star de l’équipe reste toutefois David Warner qui traîne ses guêtres dans le domaine du cinéma depuis 1962. Parmi ses participations les plus notables, citons La Malédiction (1976) ou encore C’était demain (1979) où il incarnait un Jack L’Éventreur des temps modernes.
Lors de sa sortie, Waxwork avait récolté de nombreuses louanges, à la fois de la part de la critique et du public, en raison de son profond respect envers les classiques du fantastique. En matière de nostalgie, le film fonctionne désormais doublement grâce à son ancrage dans les années 80. Tel un bon vin, Waxwork s’est donc indubitablement bonifié avec l’âge.
Une réussite que l’on doit pour beaucoup, aussi, à Anthony Hickox. Durant toute sa carrière, le réalisateur n’aura eu de cesse de faire honneur à son père Douglas, également metteur en scène. On doit au patriarche, par exemple, un film comme Théâtre de sang (1973) avec le facétieux Vincent Price. À l’occasion de son premier long-métrage, Anthony Hickox démontre la même aisance à tirer la substantifique moelle de projets au budget étriqué. Par la suite, le bonhomme persévérera en pourvoyant les vidéothèques de petites séries B fantastiques fort honorables, telles que Hellraiser III (1992) ou Full Eclipse (1993), avant de dédier la fin de sa carrière à l’action.
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