Dans les griffes du loup-garou (1975) – Combat de titans entre Yéti et loup-garou
The Jungle Goddess (1974), Green Inferno (1973) ou encore L’île des filles perverses (1977) témoignent d’une filmographie placée sous le signe de l’aventure. Ce n’est donc pas étonnant si, une fois confiée au réalisateur Miguel Iglesias, la nouvelle histoire mettant en scène le loup-garou Waldemar Daninsky s’avère la plus exotique d’entre toutes. Ceci étant dit, il est bon de savoir que le réalisateur est aussi réputé pour sa radinerie. Le résultat, à l’écran, c’est un voyage à Katmandou symbolisé par de simples photos… Usées de surcroît comme en témoignent les pliures et scories ornant le dépliant touristique…


Qu’importe, car voyager ça pollue et c’est pas bon pour la planète. Le pittoresque, on le trouve du côté du casting féminin, essentiellement composé de visages qu’on a peu coutume de rencontrer. Comme celui de Mercedes Molina qui, entre deux comédies légères, retrouvera Paul Naschy à l’occasion de Exorcismo (1975). Moins bien lotie, Silvia Solar n’était de toute évidence pas en odeur de sainteté avec son agent qui s’amusait à lui sélectionner les pires films du 7e art : Le Rayon infernal (1967), La Maison des filles perdues (1974), L’Homme à la tête coupée (1976), Le Baiser du diable 1976), Terreur cannibale (1980)…
Reste que ces deux beautés, et bien d’autres, ne sont pas venues participer à Dans les griffes du loup-garou pour faire de la figuration habillée. Toutefois, si cet épisode des aventures de la saga Daninsky se montre nettement plus osé que les autres, on le doit d’abord au sulfureux duo formé par Carmen Cervera et Pepa Ferrer, incarnant des sorcières comme on aimerait en voir plus souvent. En effet, les deux effrontées qui vivent recluses dans une caverne des montagnes himalayennes, inviteront Paul Naschy à les rejoindre dans un trio endiablé que n’aurait pas renié Gaspard Noé.


Tant de légèreté frivole ne laissera pas de glace les censeurs anglo-saxons qui, immanquablement, placeront le film sur la liste des video nasties. À moins que ce qui ait plutôt déplu aux empêcheurs de tourner en rond britanniques ne soit la dose de violence contenue dans le film… Il faut dire que dans ce domaine, le métrage signé Miguel Iglesias ne fait pas dans la dentelle non plus… Outre une tentative de viol déjouée in extremis par le valeureux Waldemar Daninsky, les gens périssent de la pire des manières, que ce soit poignardés, victimes d’armes à feu, ou de chutes de falaises.
Le film sait s’y prendre aussi quand il s’agit de se montrer cruel… Les têtes sectionnées jonchent le sol et les tortures consistent à écorcher vives des malheureuses quand on ne laisse pas un infortuné mourir à petit feu après l’avoir transpercé d’une lance de part en part. Quant à nos sorcières délurées, elles se jettent sur la viande humaine tel les zombies d’un film de George A. Romero.


Autant dire qu’on est loin de l’épouvante gothique des autres épisodes de la série des Waldemar Daninsky. Par ailleurs, si les critiques envers les films mettant en scène le loup-garou ibérique pointent du doigt des scénarios redondants et mal rythmés, Dans les griffes du loup-garou s’avère, pour sa part, un excellent contradicteur. L’histoire se suit comme un serial tant l’action et les rebondissements se révèlent constants… Alors même que le scénario ne tient qu’en une seule phrase : Waldemar Daninsky mène une expédition dans les montagnes enneigées du Tibet pour mettre la main sur le légendaire Yéti.
En vérité, Waldemar devra se débarrasser de sorcières qui l’ont mordu et transformé en loup-garou avant d’affronter des sauvages assoiffés de sexe et de sang surgissant de nulle part. Peu après, c’est le dangereux despote régional du coin, surnommé Sekkar Khan, qui inquiétera les héros. Mais le véritable danger se révèle la doctoresse particulière du tyran. Incapable de soigner la maladie de son maître, Wandesa voit de sérieux concurrents en ces hommes blancs pétris de science.
Le final conserve ce ton insolite en offrant un spectacle versant cette fois-ci dans une action frénétique. Ainsi, dans les caves du despote, les femmes torturées et à moitié nues se rebellent contre la doctoresse dans un final qui aurait pu inspirer Quentin Tarantino. Au milieu de ce capharnaüm, on trouve Paul Naschy. Élégant et racé, l’ancien lutteur affrontera finalement le Yéti qu’il était venu chercher sur les sommets de l’Himalaya, à l’occasion d’un ultime rebondissement.
Les effets spéciaux, quant à eux, sont au diapason de ce que l’on peut attendre de l’époque : simples transformations en images superposées. Mais les créatures poilues sont toujours jolies.
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dans la filmographie des films de loups-garous.
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