Retour sur une saga et une époque singulière :
L'année charnière 1981, Gary Brandner romancier, Joe Dante réalisateur, suites folkloriques, dictionnaire de la franchise...

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Loup-garou contemporain

Werewolf – La Nuit du loup-garou (2012) – Sans âme


USA - 2012 - Louis Morneau
Titres alternatifs : Werewolf: The Beast Among Us
Interprètes : Ed Quinn, Stephen Rea, Guy Wilson, Nia Peeples, Rachel DiPillo, Adam Croasdell, Ana Ularu, Florin Piersic Jr., Emil Hostina...

À l’origine, Werewolf – La Nuit du loup-garou se présentait comme une suite à Wolfman réalisé en 2010. Après avoir vu les résultats en salle du film de Benicio Del Toro, Universal revoit toutefois sa copie et préfère proposer quelque chose assez différent du produit d’origine.

Déjà, pour commencer, Werewolf – La Nuit du loup-garou tente d’innover avec l’intronisation de vourdalaks. Malheureusement anecdotiques pour l’intrigue, ces derniers ne font pas le poids face aux loups-garous bien plus redoutables. Dans le film de Louis Morneau, l’existence de nos lycanthropes est effectivement indiscutable. Les paisibles villageois sont d’ailleurs très occupés à comparer les offres de mercenaires proposant leur service afin d’éradiquer la bête qui terrifie la contrée. Une économie parallèle s’est ainsi mise en place avec de nombreux charlatans mais aussi des gens plus sérieux.

Werewolf - La Nuit du loup-garou (2012) - Sans âme
Werewolf - La Nuit du loup-garou (2012) - Sans âme

Pour autant, le film ne nous épargnera pas un ramassis de stéréotypes, en particulier concernant les membres de la clique qui héritera du marché juteux. Le chef est un beau ténébreux au passé obscur, son bras droit un joyeux drill maniant un humour cynique. Quant à l’élément féminin de la bande, elle se montre à la fois sexy et vénéneuse. Ces clichés sont largement responsables à l’intérêt tout relatif que l’on pourra porter envers les personnages.

À défaut de faire preuve d’originalité dans la conception de ses valeureux combattants, le film tente de régulièrement brouiller les pistes en ce qui concerne leur évolution. Tous vont s’avérer à double facette. Par exemple, la maman du héros se révèle tout de même tenancière d’un bordel. Le bon docteur, incarné par un Stephen Rea nominé aux Oscars pour The Crying Game (1992), ne manquera pas de surprendre son monde. Il en sera de même pour le héros… À ce sujet, on remarquera avec ironie que les protagonistes sont généralement meut par des velléités immorales comme l’argent, là où, surprise, les objectifs du loup-garou vont se révéler plus louables…

Werewolf - La Nuit du loup-garou (2012) - Sans âme
Werewolf - La Nuit du loup-garou (2012) - Sans âme

Dans un tout autre domaine, les auteurs du film réalisent quelques efforts dans le domaine de la subversion avec une abondance d’effets gores. Ceux-ci n’ont, en outre, rien de réjouissant ou de rigolo, cherchant résolument le réalisme pour mieux ancrer le film dans un contexte moyenâgeux peu accueillant. Un Moyen-Âge qui questionne toutefois, tant il ressemble à un Western avec les chapeaux que portent tout un chacun, ou encore les déplacements qui sont effectués en chevau. Ces éléments détonnent singulièrement avec les décors assurés par un tournage en Europe de l’Est, comme il était de coutume à l’époque.

Le dépaysement s’avère agréable et Werewolf – La Nuit du loup-garou propose même un spectacle sans temps mort grâce à de l’action et des rebondissements judicieusement agencés. Si Louis Morneau a bien retenu les leçons promulguées par Roger Corman avec qui il a travaillé, avouons, cependant, que cette bonne impression doit être relativisée. Reconnaissons effectivement que si le résultat est relativement bon, c’est d’abord parce qu’on n’attendait rien de ce film sorti sans fanfare dans les années 2010. D’ailleurs, en perdant judicieusement son statut de suite, il devient même hors de propos de vouloir comparer la photographie, le charisme des protagonistes, ou encore l’apparence du loup-garou avec ce que proposait le film de Joe Johnston.


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Article signé André Quintaine
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