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Wolfchild est une production videoludique datant de 1992 signée Core Design, célèbre pour avoir conçu Tomb Raider. Eh oui, les lycanthropes ne se contentent pas de hanter films et livres fantastiques. Parfois, on les trouve également au détour d’un jeu vidéo.

Saul, fils du célèbre docteur Kal Morrow qui fait autorité dans la biogénétique, découvre le laboratoire dévasté de son père. Celui-ci vient d’être kidnappé par le groupe terroriste Chimera dont le leader est un sociopathe répondant au nom de Karl Draxx. Cet énergumène s’est mis en tête de conquérir le monde à l’aide de machines de guerre mutantes construites grâce au génie de son prisonnier. Saul décide donc de libérer son père. Cependant, conscient de ne pas être de taille, le courageux fiston n’a pas d’autres choix que de s’injecter une drogue inventée par son géniteur. Désormais contaminé par le sérum Wolfchild, Saul est une créature guerrière mi-homme mi-loup garou, dotée d’une force colossale et de pouvoirs psychiques non moins phénoménaux, insensible de surcroit à la douleur.

L’histoire est racontée à l’aide d’un dessin animé qui fait honneur à son support de l’époque : l’Amiga 500, ordinateur ancêtre du PC.

Le jeu se déroule sur cinq niveaux de plus en plus vastes. Dans le premier, le joueur peut s’habituer à la manipulation de son personnage. Celui-ci débute la partie sous forme humaine. Au fur et à mesure de sa progression le joueur récolte des items qui augmentent l’énergie vitale de son personnage. Lorsque la jauge atteint un certain niveau, Saul pousse un hurlement et se transforme alors en loup-garou. Dès lors, l’effet destructeur de ses armes psychiques est démultiplié. Mais attention, lorsque Saul est blessé, il perd de l’énergie et peut reprendre sa forme humaine chétive.

Ainsi, le loup-garou de Wolfchild est bien différent de celui que l’on trouve habituellement au cinéma. Certes, on peut considérer que Saul subit une malédiction indirecte : c’est contraint, afin de sauver son père, qu’il s’inocule un sérum modifiant sa constitution physique. Cependant, il ne subit plus son état puisqu’il peut contrôler sa transformation. Ce choix se comprend pour un jeu qui privilégie l’action : Saul se contente en effet de sauter de plates-formes en plates formes en détruisant les ennemis qui se présentent à lui. D’ailleurs, l’intelligence artificielle peu élevée de ses adversaires, contribue également à faire de Wolfchild un jeu privilégiant l’adrénaline sur l’ambiance.

Cela n’empêche pas cependant Wolfchild de disposer d’une atmosphère fantastique transposant la science-fiction dans des architectures antédiluviennes comme en témoignent les décors. En effet, après un passage sur le pont d’un vaisseau de guerre spatial, l’action prend ensuite place dans la jungle et un temple ancien. Ceux-ci sont peuplés de dangereuses créatures mécaniques aux formes insectoïdes, reptiliennes ou d’inspiration aquatique. Ces monstres issus du cerveau malade de Karl Draxx, leader des terroristes, ajoutent à l’atmosphère étrange qui accompagne le joueur lors des parties. L’ambiance imprègne d’autant le jeu que le joueur est encouragé à explorer les environs pour récolter des lettres formant les mots EXTRA et BONUS.

Wolfchild n’est pas un classique de la ludothèque de l’Amiga 500. Cependant, ses qualités esthétiques, graphiques et techniques (tant au niveau de la maniabilité du personnage qu’à celui de l’animation) ainsi que l’originalité dont il fait preuve en mettant en scène un loup-garou, lui valurent d’être adapté sur d’autres consoles et ordinateurs (Atari ST, Mega Drive, Super Nintendo…).

Wolfchild
Auteur : Core Design – 1992

Vidéo: vidéo du jeu dans son intégralité