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1665, en, Nouvelle France. Le jeune Joseph Côté (Guillaume Lemay-Thivierge) s’enfuit de prison après avoir été jugé pour vol et libertinage. Pendant sa cavale, il découvre le cadavre d’un prêtre, dont il enfile les vêtements pour s’accaparer l’identité. Ce qu’il ne sait pas, c’est que la personne dont il a dérobé la bure est aussi un célèbre chasseur de loups garous. Au terme d’un malheureux quiproquo, Joseph n’a pas d’autres choix que de jouer son rôle jusqu’au bout.

C’est une trame intéressante, se déroulant de surcroit à une époque et dans une région originale pour un film de loup-garou. Cependant, l’histoire devient très vite prévisible, à l’image du développement du héros qui, voyou dans l’âme (il n’hésite pas à voler un homme de Dieu), révèle finalement son bon fond et sauve un petit village d’une horde de loups garous. Pour aller jusqu’au bout du cliché, en récompense, il séduit même la belle, pourtant destinée à l’un des deux fils du Seigneur local. Sans surprise, il s’avère d’ailleurs que tous les trois constituent la fameuse horde qui terrorise la région.

Depuis Le poil de la Bête, Philippe Gagnon se consacre exclusivement à la réalisation de téléfilms, parfois avec réussite comme le thriller Kate et Linda (2014).

Malgré un budget si étriquée que l’on a parfois l’impression d’avoir affaire à un film amateur, la direction artistique est soignée avec des décors et des costumes au diapason de l’époque. Esthétiquement, l’image est soignée avec des extérieurs bien employés, en particulier lors des séquences nocturnes très jolies.

L’interprétation est solide et les personnages sympathiques. L’absence de violence permet l’installation d’une atmosphère légère. Le film de terreur promis par l’affiche laisse place à une aventure en costumes finissant de faire du Poil de la Bête un film « pur bonheur ». D’ailleurs, le métrage tient plus facilement en haleine le spectateur lors de ses 40 premières minutes durant lesquels aucun loup-garou n’apparaît.

C’est en effet lorsque le métrage décide de se transformer en film d’horreur dans sa deuxième partie que le manque d’imagination et l’absence d’effusion de sang, de violence ou de terreur, empêchent Le poil de la Bête de réellement prendre son envol. Au final, l’humour bon-enfant, les situations manichéennes, et les effets numériques quelconques confèrent une certaine superficialité au Poil de la Bête.

Canada – 2010 – Titre original : Hair of the Beast – Réalisation : Philippe Gagnon – Distribution : Guillaume Lemay-Thivierge, Viviane Audet, Gilles Renaud, Patrice Robitaille, Antoine Bertrand…

Bande-annonce VOSTF :