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Le dernier loup-garou
Glen Duncan
Lunes d’encre chez Denoël
2013

Glen Duncan, auteur britannique né en 1965 et issu d’une famille anglo-indienne, a publié dans la collection Lunes d’encre chez Denoël une trilogie évoluant dans le monde merveilleux des loups-garous. Enfin, merveilleux, plutôt pour le lecteur avide que pour les personnages. Le premier tome, Le dernier loup-garou donne le ton, cela va être épique !
Le héros, Jack Marlowe est un loup-garou, un vrai, un avide de sang et dont le corps s’écartèle à chaque pleine lune. Une fois par mois, il se transforme et se nourrit. Il tue, mange, et continue sa route.

le dernier loup-garou 01

Il conserve sa nature humaine mais le loup est là, affleurant constamment, lui prêtant ses qualités extraordinaires et lui permettant d’échapper à ses ennemis. Malheureusement, Jack ne pourra pas le faire éternellement, surtout pas maintenant qu’il est le dernier des loups-garous.
Les autres sont tombés, pourchassés et abattus par l’OMPPO, l’Organisation Mondiale pour la Prédation des Phénomènes Occultes. Et puis, continuer à fuir n’a pas de sens, Jack n’en peut plus. Il est détaché, lassé, suicidaire par ennui.
Il sortira de sa léthargie sous le coup d’un hasard inespéré. La course contre la montre, la course contre la mort, la course à l’échalote… tout devient tourbillon, confusion, conjuration et aspiration.

Glen Duncan s’attarde dans un fantastique codifié. Les loups-garous existent, ils se transmettent la malédiction par morsure ou griffure. De simples êtres humains développent des capacités que leur donne le loup en eux, odorat, ouïe, guérison miraculeuse des blessures désargentées, longévité extraordinaire. Il explore l’éternel dilemme : l’humanité et l’animalité.
Ces fameux loups-garous ont des ennemis, les êtres humains rassemblés en organisation armée et belliqueuse et les vampires, car oui les vampires existent aussi. On reste en terrain fantastique connu et c’est toujours très plaisant.

le dernier loup-garou 02

Mais loin de ces poncifs rassurants, ce qui détonne dans le livre de Duncan, c’est son traitement. Les personnages fument, boivent, copulent, puent, déchiquettent, ils sonnent clairs et vrais. L’auteur décrit avec force détails l’état de l’homme-loup et parvient à le faire vivre devant les yeux du lecteur emporté. C’est un livre rempli d’images, de couleurs, d’odeurs. Ces dernières, très présentes, offrent un contrepoids rafraîchissant à notre époque aseptisée. En plus d’images vivantes, l’auteur livre avec profusion réflexions philosophiques et humaines, le tout sous couvert d’un humour noir, faussement cynique, et drôle.

Le début plante son personnage de manière approfondie et on peut craindre que tout l’ouvrage soit un recueil de pensées philosophiques et humanistes mais à partir de la moitié du livre, l’action prend plus d’ampleur et cette crainte s’envole devant l’enchaînement interrompu des événements, le lecteur est emporté, pour son plus grand plaisir.