L'Écran Méchant Loup

Lycanthropes et Loups-garous au cinéma

Auteur : Lycan Page 1 of 3

Le loup garou de Washington, Watergate Werewolf

Le loup-garou de Washington, est une satire inspirée par le scandale du Watergate qui défraya la chronique dans les années 70.

Le scandale du Watergate débute en 1972 lorsque des cambrioleurs sont arrêtés dans les locaux du parti démocrate à Washington. Alors que le FBI laisse traîner l’enquête, le Washington Post met en évidence les liens des cambrioleurs avec la Présidence et les financements irréguliers de la campagne de Richard Nixon. Ce dernier est réélu en 1972 mais la machine est en route et des cas d’obstruction à la justice et d’abus de pouvoir sont révélés. Lorsqu’un système d’écoute dans la Maison-Blanche est rendue public, l’implication du Président devient évidente et le Congrès engage alors une procédure visant à la destitution du chef de l’État.

Principalement connu du grand public pour son rôle d’Al dans la série Code Quantum, Dean Stockwell a pourtant débuté sa carrière dès les années 40. Enfant, il joue aux côtés de Frank Sinatra dans Escale à Hollywood (1945), de Gregory Peck dans Le Mur invisible (1947) et d’Errol Flynn dans Kim (1950). Plus tard, sa participation au Génie du mal (1959) et au Long voyage vers la nuit (1962) lui vaut deux prix d’interprétation au Festival de Cannes. Dans les années 80, il est dirigé par Wim Wenders dans Paris, Texas (1984) et David Lynch dans Dune (1984) et Blue Velvet (1988).

Dans le Loup-garou de Washington, Jack Whittier est un journaliste qui se trouve en Hongrie avec Giselle la fille du président américain avec qui il a une affaire. En route pour l’aéroport, ils tombent en panne d’essence. Jack part chercher de l’aide. Lorsqu’il revient bredouille, il découvre Giselle menacée par un loup. À l’aide de sa canne ornée d’un embout en argent, il parvient à tuer l’animal qui se transforme en être humain. Au village, une femme explique à Jack qu’il a en réalité tué son fils hantant la lande les soirs de pleine lune une fois transformé en loup-garou. Elle lui tend une amulette qu’il doit désormais toujours porter sur son cœur afin de ne pas subir le même sort que sa victime. En effet, Jack a été blessé par la créature lors de la lutte. Bien évidemment, Jack ne prend pas suffisamment au sérieux les avertissements de la vieille dame et perd le fétiche. Un mois plus tard, la malédiction se réalise alors que Jack travaille pour le gouvernement des États-Unis auquel il doit redorer l’image public ternie à la suite d’un scandale. Il essaie de faire comprendre à tout le monde qu’il n’est plus l’homme de la situation mais personne ne l’écoute puisque les Black Panther sont considérés responsables et un afro-américain a déjà été arrêté pour les crimes perpétrés par Jack…

Le thème de la lycanthropie placée dans le contexte politique américain est intéressant mais s’avère finalement un simple prétexte scénaristique puisque peu usité. Quant aux effets de transformation, ils ne révolutionnent pas le genre en appliquant les techniques utilisées trente ans plus tôt dans les films de l’Universal. L’irruption d’une bohémienne pour expliquer à Jack la malédiction dont il est victime fait directement référence au Loup-garou (1941). Dans le film de George Waggner une bohémienne expliquait déjà le processus à Lon Chaney Jr. alias Larry Talbot, après que son fils, Bela Lugosi, l’ait mordu.

Satire, le film utilise avant tout les clichés et coutumes du genre horrifique pour se moquer de la politique et du style de vie américain. Par exemple, le personnage de Jack, américain typique, paraît terriblement imbu de lui-même lorsqu’il est attaqué par un loup en Hongrie et qu’il se rend compte que personne ne se met en quatre pour lui venir en aide.

Malheureusement, le Loup-garou de Washington ne parvient qu’à de très rares moments à être convaincant. La faute en incombe à une mise en scène peu inspirée. En définitive, les scènes comiques sont plus gênantes que drôles. On peut citer par exemple cette scène où Jack joue au bowling avec le président des États-Unis. Ce dernier ne cesse de lui assurer son soutien et sa confiance pendant que Jack, lui, se débat avec la boule et ses doigts coincés à l’intérieur. Dean Stockwell est très bien, mais ce n’est pas drôle car on ne voit pas ce que cette scène vient faire là.

À cela, il faut ajouter des dialogues qui n’ont pas de sens, en particulier lorsque s’exprime le Président, incapable de faire une phrase complète. Bien que son idiotie soit rationnelle dans une satire politique, l’austérité avec laquelle ses discours sont déclamés laisse à croire que le film est en réalité très sérieux.

Le Loup-garou de Washington s’essaie parfois également au trash en témoigne cette scène où Jack découvre un laboratoire où opère un scientifique fou, nain, créateur de vie artificielle. C’est trop surprenant, en particulier dans un film dont la mise en scène est si austère.

Cependant, de ce décalage étrange entre sincérité et humour involontaire nait une sorte de fascination qui rend le Loup-garou de Washington irrésistible, à l’instar d’autres films ratés comme The Room de Tommy Wiseau (2003) par exemple. Ainsi, pour les amateurs de navet, Le loup-garou de Washington est assurément un incunable.

USA – 1973 – Titre original : The Werewolf of Washington – Réalisation : Milton Moses Ginsberg – Distribution : Dean Stockwell, Katalin Kallay, Henry Ferrentino…

Bande annonce VO :

La louve sanguinaire, et libidineuse

Parmi les acteurs du cinéma Bis italien, Rino di Silvestro, réalisateur de La louve sanguinaire, fait partie des plus opportunistes, ne reculant devant aucun scrupule pour flatter les instincts les plus salaces du public Par exemple, en 1973, il tâte du film de femmes en prison avec La vie sexuelle dans une prison de femmes. Un an plus tard, il touche à la prostitution avec Prostituzione. Faire de l’argent avec l’une des pires périodes de l’humanité ne le dérange pas non plus comme en atteste Les déportées de la section spéciale SS qu’il commet en 1976. En 1984, avec À seize ans dans l’enfer d’Amsterdam, il récidive avec un sous-produit graveleux de Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… (1981).

Il ne restait donc plus que l’horreur transalpine que Rino di Silvestro n’avait pas encore béni… C’est chose faite en 1976 avec La Louve Sanguinaire. Bien sûr, cela ne peut naturellement pas se faire sans une bonne dose d’érotisme et de touffes pubiennes cadrées en plan serré.

Le film va droit au but et, dès le générique, les noms ainsi que les différents postes occupés par l’équipe technique s’affichent alors que la jolie Annick Borel danse nue comme un ver sous un rayon de lune. Ses avantages sont parfaitement mis en valeur par la caméra qui ne cesse de se rapprocher de plus en plus près, à un point tel, qu’on se demande si l’on ne va pas finir par carrément pénétrer dans son vagin. Heureusement, l’actrice française née à Besançon en 1948 tombe d’épuisement avant que l’irréparable ne se produise. S’en suit des contorsions puis, une transformation en loup-garou. Le maquillage se limite à du fard à paupière sombre, des touffes de poils de-ci de-là, un museau de chien, des crocs en plastiques et des mamelons surdimensionnés.

La transformation de l’ancêtre de Daniela en loup-garou est en fin de compte la seule métamorphose du film puisque cette dernière est en réalité un lycanthrope dans le sens clinique du terme. Ainsi, Daniela ne se transforme pas physiquement en loup ; tout se passe dans sa tête…

Daniela, fille d’un comte, a été agressée sexuellement par un déséquilibré à l’âge de 13 ans. Désormais, Daniela est une jeune femme, mais aujourd’hui encore, elle souffre de ce qui lui est arrivée adolescente. Ainsi, dans ses rêves, Daniela s’identifie à son ancêtre qui, deux siècle plus tôt, fût brûlée sur le bûcher pour lycanthropie. Lorsque sa sœur débarque soudainement dans le manoir familial avec son beau fiancé, Daniela est troublée sexuellement. Dès lors, elle sombre dans une folie meurtrière héritée de son aïeul, et les nuits de pleine lune prennent une teinte rouge vif.

À première vue décevant pour les fans de loup-garou, le parti pris du film s’avère finalement intéressant. En effet, rares sont les œuvres à aborder la lycanthropie sous un angle pathologique en préférant s’intéresser au traumatisme subit par Daniela à cause de l’inconscience masculine. Un traumatisme dont Daniela va se servir pour punir les hommes, quasi tous des salauds dans le film.

Tout cela est rendu crédible grâce à la performance de la jolie Annick Borel. Son jeu est étonnamment juste et très vite, elle attire l’empathie du public.

La louve sanguinaire dispose également d’une atmosphère étrange et inquiétante. La plupart du film se déroule dans le manoir du père de Daniela. Isolé, sombre, la demeure familiale est bordée par une forêt et non loin se trouvent de dangereuses falaises ; le lieu de villégiature de Daniela semblent finalement bien peu enclin à l’aider à trouver la quiétude nécessaire pour retrouver la raison.

Rino Di Silvestro est sans aucun doute l’autre artisan de la qualité du film. En particulier, parce que La louve sanguinaire ne souffre d’aucun temps mort, le réalisateur ponctuant régulièrement son film de scènes érotiques. Ainsi, le spectateur est toujours gratifié de sa patience, même après avoir dû subir des analyses pseudo-scientifiques sur la psychologue déviante de Daniela. Mieux encore, vers la fin du métrage, le film prend clairement la direction d’un autre genre du cinéma populaire en flirtant avec le rape and revenge.

Avec tous ses atouts, un peu de gore, beaucoup de nudité, un scénario intéressant, des décors et une atmosphère envoûtants, La louve sanguinaire s’avère en réalité un film fort agréable.

Italie – 1976 – Titre original : La Lupa mannara – Réalisation : Rino Di Silvestro – Distribution : Annik Borel, Howard Ross, Dagmar Lassander, Tino Carraro…

Bande-annonce VF :

L’irrésistible attirance exercée par la compagnie des loups

Cet article est diabolique ! Ne le lisez pas si vous n’avez pas encore vu le film

Curieuse, rêveuse, l’héroïne de la Compagnie des loups, Rosaleen, est naturellement plus attirée par les loups et les mystères qu’ils recèlent que par la vie rugueuse de paysanne qui lui est promise par son soupirant de jeune voisin.

Pourtant sa grand-mère la met en garde : le plus horrible des loups se cache chez l’homme. Et les belles manières dont fait preuve l’étranger rencontré dans les bois ou la noblesse dont se prévalent les riches convives d’un banquet ne sont que tromperies manigancées afin d’abuser de la naïveté et de l’inexpérience des jeunes filles.

Mais l’adolescente à la mine boudeuse est arrivée à cet âge où les loups, héros de ces contes moralisateurs qui la terrifiaient enfant, aujourd’hui la fascinent et l’incitent à braver les interdits inculqués par les adultes.

Rosaleen va donc faire fît des avertissements de son aïeule. Plutôt que de rejeter la créature qui a dévoré sa grand-mère, elle s’apitoie sur la bête. Et finalement, Rosaleen s’enfuit avec le loup. Ainsi, en choisissant la compagnie des loups, Rosaleen quitte l’enfance et la peur pour laisser s’affirmer une sexualité triomphante.

L’adaptation de deux nouvelles d’Angela Carter

Dans les années 70, l’écrivaine Angela Carter s’était spécialisée dans la réécriture de contes avec un point de vue féminin. Lorsqu’elle rencontre Neil Jordan, celui-ci vient de rencontrer un succès important avec son premier film, Angel (1982). Elle lui propose d’adapter une de ses nouvelles en court-métrage. Mais le futur réalisateur d’Entretien avec un vampire entrevoit un développement plus ambitieux des écrits de la romancière. En conséquence, le film adapte plusieurs contes et peut donc paraître quelque peu décousu, d’autant plus que la Compagnie des loups n’hésite pas à les intégrer sous la forme d’histoires narrées au sein même d’un rêve. Ce côté quelque peu surprenant ou brouillon est cependant vite balayé par la richesse du propos du film, ainsi que par ses nombreuses qualités visuelles.

Christopher Tucker, maquilleur britannique spécialisé dans les techniques d’effets spéciaux avec prothèses a travaillé pour le théâtre et le cinéma ; on lui doit également les maquillages de The Elephant Man.

Une esthétique proche de l’univers gothique de la Hammer

Les somptueux décors réalisés par Anton Furst (Alien) sont réalisés en studio et accentuent l’aspect irréel des lieux où se déroule l’action, évoquant l’univers des contes. Ainsi les décors reproduisent villages, cimetière, forêt, changement de saisons, arbres déchirés et brume omniprésente. Chaque objet, chaque lieu et chaque personnage est à la fois étrange, inquiétant, attirant et envoûtant. Même les horribles transformations des hommes en loups sont fascinantes. Jamais écœurantes, elles s’éloignent radicalement des récents travaux effectués à l’époque par Rob Bottin et Rick Baker pour Hurlements et Le Loup-garou de Londres. En regardant Hurlement, on ne détourne pas les yeux. Bien au contraire, les maquillages émerveillent, charment, attendrissent, dans une tradition proche du merveilleux instauré par George Pal et Ray Harryhausen…

Avec ses champignons géants, ses jouets et autres objets inanimés qui prennent vie, ses personnages que l’on retrouve à la fois dans le monde réel et les rêves de la jeune fille, la Compagnie des loups rappelle également d‘autres films du milieu des années 80 exploitant une imagerie féérique. On pense ainsi au Labyrinthe de Jim Henson (1986) ou à L’Histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984). À l’inverse de ces deux films, la Compagnie des loups verse cependant dans un humour moins grotesque car plus noir, renvoyant aux superstitions de la grand-mère et à ses mises en garde des hommes. Au final, le film de Neil Jordon s’adresse à un public résolument plus adulte.

Source : L’Écran Fantastique

Royaume-Uni – 1984 – Titre original : The Company of Wolves – Réalisation : Neil Jordan – Distribution : Sarah Patterson, Angela Lansbury, David Warner, Stephen Rea…

Wolfchild : mettez un loup dans votre ordinateur

Wolfchild est une production videoludique datant de 1992 signée Core Design, célèbre pour avoir conçu Tomb Raider. Eh oui, les lycanthropes ne se contentent pas de hanter films et livres fantastiques. Parfois, on les trouve également au détour d’un jeu vidéo.

Saul, fils du célèbre docteur Kal Morrow qui fait autorité dans la biogénétique, découvre le laboratoire dévasté de son père. Celui-ci vient d’être kidnappé par le groupe terroriste Chimera dont le leader est un sociopathe répondant au nom de Karl Draxx. Cet énergumène s’est mis en tête de conquérir le monde à l’aide de machines de guerre mutantes construites grâce au génie de son prisonnier. Saul décide donc de libérer son père. Cependant, conscient de ne pas être de taille, le courageux fiston n’a pas d’autres choix que de s’injecter une drogue inventée par son géniteur. Désormais contaminé par le sérum Wolfchild, Saul est une créature guerrière mi-homme mi-loup garou, dotée d’une force colossale et de pouvoirs psychiques non moins phénoménaux, insensible de surcroit à la douleur.

L’histoire est racontée à l’aide d’un dessin animé qui fait honneur à son support de l’époque : l’Amiga 500, ordinateur ancêtre du PC.

Le jeu se déroule sur cinq niveaux de plus en plus vastes. Dans le premier, le joueur peut s’habituer à la manipulation de son personnage. Celui-ci débute la partie sous forme humaine. Au fur et à mesure de sa progression le joueur récolte des items qui augmentent l’énergie vitale de son personnage. Lorsque la jauge atteint un certain niveau, Saul pousse un hurlement et se transforme alors en loup-garou. Dès lors, l’effet destructeur de ses armes psychiques est démultiplié. Mais attention, lorsque Saul est blessé, il perd de l’énergie et peut reprendre sa forme humaine chétive.

Ainsi, le loup-garou de Wolfchild est bien différent de celui que l’on trouve habituellement au cinéma. Certes, on peut considérer que Saul subit une malédiction indirecte : c’est contraint, afin de sauver son père, qu’il s’inocule un sérum modifiant sa constitution physique. Cependant, il ne subit plus son état puisqu’il peut contrôler sa transformation. Ce choix se comprend pour un jeu qui privilégie l’action : Saul se contente en effet de sauter de plates-formes en plates formes en détruisant les ennemis qui se présentent à lui. D’ailleurs, l’intelligence artificielle peu élevée de ses adversaires, contribue également à faire de Wolfchild un jeu privilégiant l’adrénaline sur l’ambiance.

Cela n’empêche pas cependant Wolfchild de disposer d’une atmosphère fantastique transposant la science-fiction dans des architectures antédiluviennes comme en témoignent les décors. En effet, après un passage sur le pont d’un vaisseau de guerre spatial, l’action prend ensuite place dans la jungle et un temple ancien. Ceux-ci sont peuplés de dangereuses créatures mécaniques aux formes insectoïdes, reptiliennes ou d’inspiration aquatique. Ces monstres issus du cerveau malade de Karl Draxx, leader des terroristes, ajoutent à l’atmosphère étrange qui accompagne le joueur lors des parties. L’ambiance imprègne d’autant le jeu que le joueur est encouragé à explorer les environs pour récolter des lettres formant les mots EXTRA et BONUS.

Wolfchild n’est pas un classique de la ludothèque de l’Amiga 500. Cependant, ses qualités esthétiques, graphiques et techniques (tant au niveau de la maniabilité du personnage qu’à celui de l’animation) ainsi que l’originalité dont il fait preuve en mettant en scène un loup-garou, lui valurent d’être adapté sur d’autres consoles et ordinateurs (Atari ST, Mega Drive, Super Nintendo…).

Wolfchild
Auteur : Core Design – 1992

Vidéo: vidéo du jeu dans son intégralité

Un loup-garou au Québec : Le poil de la Bête


1665, en, Nouvelle France. Le jeune Joseph Côté (Guillaume Lemay-Thivierge) s’enfuit de prison après avoir été jugé pour vol et libertinage. Pendant sa cavale, il découvre le cadavre d’un prêtre, dont il enfile les vêtements pour s’accaparer l’identité. Ce qu’il ne sait pas, c’est que la personne dont il a dérobé la bure est aussi un célèbre chasseur de loups garous. Au terme d’un malheureux quiproquo, Joseph n’a pas d’autres choix que de jouer son rôle jusqu’au bout.

C’est une trame intéressante, se déroulant de surcroit à une époque et dans une région originale pour un film de loup-garou. Cependant, l’histoire devient très vite prévisible, à l’image du développement du héros qui, voyou dans l’âme (il n’hésite pas à voler un homme de Dieu), révèle finalement son bon fond et sauve un petit village d’une horde de loups garous. Pour aller jusqu’au bout du cliché, en récompense, il séduit même la belle, pourtant destinée à l’un des deux fils du Seigneur local. Sans surprise, il s’avère d’ailleurs que tous les trois constituent la fameuse horde qui terrorise la région.

Depuis Le poil de la Bête, Philippe Gagnon se consacre exclusivement à la réalisation de téléfilms, parfois avec réussite comme le thriller Kate et Linda (2014).

Malgré un budget si étriquée que l’on a parfois l’impression d’avoir affaire à un film amateur, la direction artistique est soignée avec des décors et des costumes au diapason de l’époque. Esthétiquement, l’image est soignée avec des extérieurs bien employés, en particulier lors des séquences nocturnes très jolies.

L’interprétation est solide et les personnages sympathiques. L’absence de violence permet l’installation d’une atmosphère légère. Le film de terreur promis par l’affiche laisse place à une aventure en costumes finissant de faire du Poil de la Bête un film « pur bonheur ». D’ailleurs, le métrage tient plus facilement en haleine le spectateur lors de ses 40 premières minutes durant lesquels aucun loup-garou n’apparaît.

C’est en effet lorsque le métrage décide de se transformer en film d’horreur dans sa deuxième partie que le manque d’imagination et l’absence d’effusion de sang, de violence ou de terreur, empêchent Le poil de la Bête de réellement prendre son envol. Au final, l’humour bon-enfant, les situations manichéennes, et les effets numériques quelconques confèrent une certaine superficialité au Poil de la Bête.

Canada – 2010 – Titre original : Hair of the Beast – Réalisation : Philippe Gagnon – Distribution : Guillaume Lemay-Thivierge, Viviane Audet, Gilles Renaud, Patrice Robitaille, Antoine Bertrand…

Bande-annonce VOSTF :

Howl, un survival mordant à la sauce film catastrophe

Terrain de jeux de tueurs psychopathes dans Creep (2004) ou de dangereux serpents dans Des serpents dans l’avion (2006), assiégé de zombies dans Terreur dans le Shanghaï-Express (1972), le train et ses wagons sont désormais les lieux de prédilection des loups garous de Howl.

L’une des qualités du second film de Paul Hyett est certainement de parvenir à maintenir un suspens constant dans un lieu clos. Pour cela, il s’appuie sur une ribambelle de personnages différents et intéressants, donnant au film des aires de film catastrophe des années 70. Le réalisateur n’oublie pas non plus d’exploiter le contraste intéressant constitué entre la forêt inquiétante (immense, sombre, inconnue) et les wagons rassurants (chauffés, éclairés, confortables), n’apportant cependant aucune solution aux protagonistes. Et comme Paul Hyett ne cherche pas à expliquer la présence ou l’origine des loups garous, le spectateur se retrouve face au même dilemme que les protagonistes : Faut-il quitter le wagon ou tenter sa chance dans la forêt ?

Sean Pertwee fait une apparition comme conducteur de train dans Howl. En 2002, il était le héros de Dog Soldiers, dernier film britannique consacré aux loups garous, jusqu’à Howl.

Joe (Ed Speleers, Eragon dans le film du même nom), contrôleur de train, espérait avoir une augmentation… Il n’en sera rien. Déçu, il se met malgré tout au travail, et courageusement, avec en train. C’est ainsi qu’à la station Waterloo, il accueille sur le quai et avec le sourire les passagers qui attendent la dernière correspondance de la soirée. Pour ne pas finir la journée sur une note négative, Joe décide d’inviter sa jolie collègue Ellen (Holly Weston) à boire un verre après le travail. Ses plans sont malheureusement à nouveau contrariés lorsque le train s’arrête brutalement en pleine forêt. Joe doit alors rassurer et calmer des usagers impatients et peu conciliants : un couple âgé, un jeune intellectuel indien, un homme discret, une dame qui ne trouve pas son ticket, un homme d’affaires désagréable… Harcelé, contraint, Joe accepte de transgresser les règles et ouvre les portes. Une décision lourde de conséquences : Qui parmi les passagers seront les premiers à se faire croquer par les loups garous qui hantent la forêt ?

En comparaison, Howl s’avère largement plus léger et cible clairement un public plus large que le surprenant et dérangeant The Seasoning House (2012), premier film de Paul Hyett, Howl est en effet un film agréable et peu exigeant pour le spectateur. L’humour s’invite même à la fête avec ces personnages souvent agaçants dont Joe doit gérer tant bien que mal les propositions contre-productives. À ce titre, le film s’essaie aussi à une petite critique sociale en démontrant l’égoïsme, l’intransigeance et l’impatience qui habitent les usagers qui se comportent comme des clients. Injustes, ils reportent toute leur frustration sur Joe, simple employé, tout en bas de l’échelle d’une entreprise exploitant un réseau ferroviaire public.

En ce qui concerne les effets-spéciaux, ils sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre de Paul Hyett. Ici réalisateur, Paul Hyett a en effet précédemment travaillé sur les trucages de The Descent (2005) et Doomsday (2008.). En recourant très peu au numérique, il nous livre des loups garous différents de ceux que l’on a pu voir dans d’autres films. Chacun dispose en effet de maquillages lui permettant de conserver ses particularités humaines. On regrette en revanche l’absence de transformations à l’écran.

Comme le film ne perd pas de temps à expliquer l’existence et la motivation des loups garous, Howl prend vite l’allure de montagnes russes. Le périple qui ne connaît aucune pause débute d’ailleurs dès la fin de la première demi-heure avec l’apparition, en grande pompe, du premier lycanthrope. L’action cependant ne nuit pas au suspens : en se concentrant sur les nombreux personnages, le film prend même parfois les allures d’un succédané des Dix petits nègres d’Agatha Christie.

Grande-Bretagne – 2015 – Réalisation : Paul Hyett – Ed Speleers, Holly Weston, Shauna Macdonald…

Bande-annonce VF :

Le loup-garou de Londres : le loup-garou au service de la comédie

« C’est un film de monstre, incroyablement violent et très triste, très drôle, mais certainement pas une comédie. » John Landis.

Au cours d’un voyage à travers l’Europe, les deux étudiants américains David et Jack se retrouvent dans le nord de l’Angleterre, dans un village isolé du nom d’East Proctor. À l’auberge, ils font connaissance avec les autochtones, inhospitaliers, qui semblent dissimuler un secret. Littéralement jetés à la porte, David et Jack doivent reprendre la route sur la lande. Durant cette nuit de pleine lune, ils subissent l’attaque d’un loup-garou. Quelques jours plus tard, David se réveille dans un hôpital à Londres et apprend que son ami n’a pas survécu.

Dès lors, chaque nuit, David souffre de cauchemars atroces dans lesquels il voit sa famille assassinée par des monstres portant des uniformes SS. Dans ses rêves, il se découvre également nu, courant dans la forêt pour chasser et se nourrir de viande crue. C’est alors que son ami Jack lui rend visite. Atrocement mutilé, Jack est désormais mort-vivant et supplie David de se donner la mort. Selon lui, son ami est un loup-garou et ses victimes erreront éternellement dans les limbes tant qu’il continuera à sévir…

Rick Baker est l’un des meilleurs spécialistes en effets-spéciaux d’Hollywood. Parmi ses travaux les plus célèbres, citons ceux conçus pour La Planète des singes. En ce qui concerne Le loup-garou de Londres, Rick Baker fut récompensé d’un Oscar.

Comme l’indique le titre original, le film raconte aussi les tribulations d’un américain à Londres ; l’humour se manifestant chaque fois que David est confronté aux différents clichés attribués aux britanniques.

La thématique du loup-garou sert ainsi à faire avancer le scénario vers des situations surprenantes, accentuant encore l’aspect comique des stéréotypes britanniques. Ainsi, Le loup-garou de Londres n’est pas seulement un film fantastique ; c’est aussi une comédie et c’est probablement la raison pour laquelle il bénéfice aujourd’hui encore d’une belle cote de popularité auprès du grand public.

Cascadeur sur Il était une fois dans l’Ouest (1968), acteur sur La bataille de la planète des singes (1973), John Landis réalise son premier film en 1973 : Schlock, le tueur à la banane…! Plus tard, au début des années 80, il rencontre le succès avec Blues Brothers et Le loup-garou de Londres. Il a également signé la réalisation du clip Thriller pour Michael Jackson.

D’autant plus que le film n’hésite pas non plus à verser dans l’action lors d’un final haut en couleurs avec cascades et scènes de foule en panique à Piccadilly Circus, l’un des quartiers les plus touristiques de Londres.

Tout comme Rob Bottin avec Hurlements, Rick Baker propose des effets-spéciaux inédits en 1981. Le spécialiste propose même une transformation entière du corps de David, et pas seulement certaines parties comme dans Hurlement. Inédits et originaux à l’époque, les effets du Loup-garou de Londres ont également moins vieillis que ceux du film de Joe Dante. Par ailleurs, la célèbre scène de transformation surprend encore aujourd’hui en surgissant sans crier gare, dans un salon sous une lumière crue et avec en fond sonore une chanson pop qui passe à la radio.

De même, alors que Hurlements est un film spectaculaire où les effets-spéciaux impressionnent, Le loup-garou de Londres est plus timoré. Il montre finalement très peu sa créature, et joue sur l’attente du public, comme dans un film de monstre classique.

Jenny Agutter qui joue la petite amie de David, connu une renommée mondiale en 1976 en jouant dans L’âge de cristal aux côtés de Michael York.

C’est d’ailleurs l’une des autres réussites du film d’être parvenu à transporter le thème classique du loup-garou à l’époque contemporaine. Pour ce faire, le film joue sur les deux tableaux. D’un côté, les classiques de l’Universal sont commémorés grâce à une référence à Lon Chaney Jr. De l’autre, le loup-garou ressemble cette fois-ci à un vrai loup, et pas à un être humain au faciès lupin. Il marche même à quatre pattes à l’aide des effets-spéciaux modernes…

En mariant comédie et épouvante sur un rythme soutenu, John Landis signe un film très agréable et ouvert à tous car n’étant pas uniquement un film d’horreur. Par ailleurs, l’interprétation excellente amène le spectateur à s’émouvoir pour les personnages et en particulier David dont la fin tragique est particulièrement poignante.

USA – 1981 – Titre original : An American Werewolf In London – Réalisation : John Landis – Distribution : David Naughton, Griffin Dunne, Jenny Agutter, John Woodvine…

Bande-annonce VO :

Something with bite, un episode réjouissant da la série Fear Itself


Ernest R. Dickerson livre avec Something with Bite un épisode réjouissant et sans temps mort pour la série Fear Itself.

L’anthologie composée de moyens métrages qui s’adonnent principalement à l’horreur fait ici une exception avec Something with bite où l’humour prend largement le dessus.

Ce n’est pas forcément une surprise puisque Ernest R. Dickerson, réalisateur, avait déjà parfaitement su marier humour et horreur dans son Cavalier du diable (Tales from the Crypt: Demon Knight) en 1995. En revanche, et contrairement à ce dernier, les effets-spéciaux et maquillages gores sont très rares. La créature résultant de la métamorphose s’avère même quelconque.

Something with bite propose cependant une étonnante rencontre entre un vétérinaire et un loup-garou dont découlent quelques idées saugrenues, comme celle de faire admettre la créature dans une clinique vétérinaire…

C’est Wiilbur Orwell, propriétaire de la clinique, qui accueille l’animal, Celui-ci est agonisant mais, avant de mourir sur la table d’opération, la bête assène un coup et blesse le vétérinaire. Dès lors, des meurtres atroces ont lieu dans l’entourage de Wiilbur qui se croit coupable et s’inquiète pour sa femme et son fils. Cependant, en faisant des recherches, il rencontre les « propriétaires » de l’animal qui l’avait attaqué dans sa clinique. Ceux-ci lui certifie qu’être loup-garou n’est pas une malédiction et surtout, qu’une telle créature ne ferait jamais quelque chose qu’elle serait incapable de commettre dans sa forme humaine…

Fear Itself est une anthologie composée de moyens-métrages horrifiques, crée par Mick Garris. Prolifique dans le genre, que ce soit au cinéma ou à la télévision, Mick Garris est par exemple à l’origine de la série Masters of Horror dont Fear Itself est un succédané.

Les échanges entre Wiilbur et les personnes avisées de sa condition rappellent les dialogues entre David et Jack dans Le Loup-garou de Londres. D’ailleurs, il y a peu de chance que cela soit accidentel puisque le scénario de Something with bite a été écrit par Max Landis, fils du réalisateur du classique de 1981.

Comme dans le film de John Landis, le héros est confronté aux doutes qui l’assaillent quant à sa culpabilité. Ces rencontres lui apportent un autre regard sur sa nouvelle condition. Dans le Loup-garou de Londres, c’est Jack qui tente de persuader David de se suicider pour mettre un terme au carnage qu’il commet chaque nuit de pleine lune. Dans Something with bite, les choses sont inversées puisque le vieux couple rencontré par Wiilbur tente plutôt de le rassurer et l’aider à accepter sa condition.

C’est ainsi que le film d’Ernest R. Dickerson tire son originalité, en étant capable d’apporter un regard différent sur la condition de loup-garou, tout en conservant le même type d’humour que celui qui sévissait dans le film de John Landis

USA – 2009 – Titre original : Something with Bite – Réalisation : Ernest R. Dickerson – Distribution : Wendell Pierce, Paula Jai Parker, Kailin See…

 

Split : Et si Kevin était un loup-garou ?

Attention, cet article est diabolique et pourrait détruire l’intérêt que vous pourriez prendre à ce film si vous ne l’avez pas encore vu.

Le dernier plan de Split situé en cours de générique et dans lequel apparaît David Dunn, le personnage interprété par Bruce Willis dans Incassable en 2000, laisse à penser que Split est un film de super héros. Il serait néanmoins dommage de ne pas y déceler aussi les éléments caractéristiques d’un film de loup-garou…

Appréciée, la lycéenne Claire fête avec ses amis et ses parents son anniversaire dans un fast-food. L’introvertie Casey est également de la partie, mais uniquement parce qu’elle aurait été la seule de la classe à ne pas avoir été invitée.

Lorsque le père de Claire décide de ramener chez elles Claire, Casey et Marcia, une autre amie de sa fille, il est attaqué sur le parking. Son agresseur, un jeune homme, se met alors au volant, étourdit les filles et les emmène vers une destination inconnue…

Toutes les trois se réveillent dans une chambre et découvrent que leur ravisseur souffre de personnalités multiples. L’une d’elle fait de lui un être surhumain…

En 2016, après 10 Cloverfield Lane et de Don’t Breathe, Split est le troisième film dans lequel des jeunes sont séquestrés dans une cave.

Selon Split, l’humanité se divise en deux camps… Dans le premier, les moutons servent de garde-manger. Dans le second, les loups chassent parmi le premier groupe. Cette sélection ne se fait pas naturellement. En effet, tout le monde naît mouton. Pour devenir loup, il faut d’abord subir un traumatisme. Ensuite, puiser dans cette souffrance permet de ne plus faire partie du gibier.

Nées de parents riches et aimants, les deux amies d’infortune de Casey n’ont jamais connu de traumatisme et font donc partie des proies. Casey, quant à elle, a bien subi un traumatisme d’enfance. Elle peut donc aspirer au statut de prédateur. Cependant, parviendra-t-elle à transcender sa condition de mouton ?

Kevin, quant à lui, est parvenu à ce stade « supérieur ». Lorsque cette mutation s’opère, Kevin change physiquement d’aspect et il perd le contrôle de sa volonté. La créature fait alors son apparition, et dans le film, elle porte le nom de « la Bête ». Et si la Bête attrape Casey, il y a tout lieu de croire qu’elle lui transmettra sa malédiction, ou plutôt ses facultés.

Anya Taylor-Joy s’est fait remarquer avec The Witch dans laquelle sa famille est tourmentée par une sorcière dans la Nouvelle-Angleterre du 17ème siècle.

Si les légendes sont fondées sur une part de réalité, un lycanthrope est peut-être un individu qui est parvenu à développer ses aptitudes physiques au-delà du commun, tout comme Kevin.

Super héros ou loup-garou, le personnage de Kevin est bien l’attraction principale du nouveau film de M. Night Shyamalan qui suscite de nouveau l’attention depuis The Visit (2015). Avec Split, il confirme qu’il peut encore engendrer des dollars : 278 millions de dollars de recettes pour un investissement de 9 millions. Ce budget limité se voit d‘ailleurs à l’écran tant les décors de la cave paraissent quelconques. Quant à la façon de procéder de M. Night Shyamalan, elle est la même depuis toujours avec son suspense qui monte en puissance avant de libérer le spectateur lors d’un climax attendu. Cette façon de procéder dont a coutume M. Night Shyamalan peut ressembler à un gadget et faire passer le film pour une coquille vide.

USA – 2016 – Titre original : Split – Réalisation : M. Night Shyamalan – Distribution : James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Haley Lu Richardson…

Bande-annonce VF :

Le train des épouvantes : le film qui lança l‘Amicus dans le fantastique

Jusqu’alors spécialisé dans la comédie musicale avec It’s Trad, Dad! (1962) de Richard Lester et Just for Fun (1963) de Gordon Flemyng, la jeune firme britannique Amicus se spécialise en 1965 dans le fantastique et le film à sketches avec Le train des épouvantes.

L’idée d’une anthologie trottait déjà depuis 1957 dans la tête de Milton Subotsky, co-fondateur de l’Amicus. Et après avoir vu Dead of Night (1945), il savait aussi que le fantastique se prêtait parfaitement à ce format.

Lorsqu’il frappa à la porte de Columbia pour financer son projet, la firme américaine lui fit cependant remarquer qu’en Angleterre, il y avait déjà un producteur spécialisé dans le genre, la Hammer Film Productions.

Milton Subotsky parvint malgré tout à réunir le budget de 105 000 livres sterling nécessaires pour financer la première incursion de la firme britannique Amicus dans le fantastique.

Et pour se différencier de la Hammer, le film produit par Milton Subotsky propose deux arguments de taille. D’abord, il s’agit d’une anthologie, format toujours décliné par la Hammer. Ensuite, alors que la Hammer préférait les histoires gothiques, celles contenues dans Le train des épouvantes sont contemporaines.

Cinq histoires écrites par Milton Subotsky

Le film est composé de cinq histoires, toutes racontées par le Dr. Shreck (Peter Cushing), tirant les cartes de cinq voyageurs pour prédire leur avenir.

Werewolf est la première histoire…

L’architecte Jim Dawson se rend dans la vieille demeure où il a grandi et qui appartient désormais à Dierdre Biddulph. Dans la cave, il fait la découverte d’un sarcophage sur lequel est représentée une tête de loup. Ainsi, il découvre que l’un de ses ancêtres a détruit un loup-garou portant le nom de Cosmo Valdemar. Avant de périr, ce dernier avait maudit tous ceux qui vivraient dans la demeure familiale des Dawson. Craignant le pire pour Dierdre, Jim fait fondre un crucifix en argent pour en tirer des balles. Mais lorsque le loup-garou apparaît, les balles s’avèrent inefficace…

Dans la seconde histoire, une vigne assiège les habitants d’une maison. Dans la troisième, un musicien de jazz engendre la colère d’un loa en subtilisant les notes de musique d’un rituel vaudou. La quatrième histoire met en scène un peintre (Michael Gough), dont la main, tranchée net à la suite d’un accident, réclame vengeance auprès d’un critique d’art (Christopher Lee) qui avait malmené le travail de l’artiste. La cinquième histoire permet de découvrir un jeune Donald Sutherland persuadé que sa femme est un vampire.

Au départ, Milton Subotsky souhaitait produire un film de 150 minutes comportant sept histoires afin de pouvoir également le commercialiser sous la forme d’une série à destination du petit écran.

Devant et derrière la caméra, une équipe de choc

La passé de caméraman de Freddie Francis, ainsi que ses premières réalisations au début des années 60, Paranoiac (1963) Meurtre par procuration (1964) et L’empreinte de Frankenstein (1964), convainquirent Subotsky non seulement de lui confier la mise en scène, mais également de lui laisser une liberté totale. Cette confiance perdura le temps de six autres films.

Aux côtés de Freddie Francis, on trouve le chef-opérateur Alan Hume qui composera ensuite les images de plusieurs James Bond dans les années 80.

Grâce au format du film à sketches n’imposant pas la présence sur une longue période de comédiens aux gages onéreux, il est possible de faire figurer en haut de l’affiche des noms prestigieux… Amicus ne se priva pas de cette possibilité et s’octroya la présence de deux transfuges de la Hammer : Christophe Lee et Peter Cushing.

Si Freddie Francis ne jouit pas d’une renommée à la hauteur de celle de Terence Fisher, cela s’explique par le fait que les anthologies sont moins estimées qu’un long métrage (on a tendance à se contenter de comparer les histoires entre elles). Par ailleurs, The Deadly Bees, le deuxième film de Freddie Francis pour l’Amicus, s’est avéré un échec artistique flagrant.

Une direction artistique soignée

Même si les histoires souffrent d’un manque d’originalité, elles s’avèrent toutes agréables à suivre. Courtes et rythmées, elles bénéficient également d’une direction artistique soignée ; grâce aux décors entièrement construits en studio, entre autres, le film semble beaucoup plus cher que ce qu’il a réellement coûté.

Par ailleurs, Le duel que se livrent Michael Gough et Christopher Lee dans la quatrième histoire permet aux deux acteurs de nous offrir une confrontation passionnante.

La première histoire mettant en scène Jim Dawson et Ursula Howells confronté à une malédiction ancestrale est certainement l’un des moments forts du film. L’idée de base était d’ailleurs suffisamment originale pour servir un long métrage.

Avec Le train des épouvantes, Freddie Francis établit la formule Amicus, tout comme Terence Fisher le fit pour la Hammer. Ainsi, Amicus persévéra dans le fantastique et le film à sketches avec en particulier Histoires d’outre-tombe (1972), Le caveau de la terreur (1973) et Frissons d’outre-tombe (1974).

Grande-Bretagne – USA – 1965 – Titre original : Dr. Terror’s House of Horrors – Réalisation : Freddie Francis – Distribution : Christopher Lee, Michael Gough, Bernard Lee, Peter Cushing…

Bande-annonce VOSTF :

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